
Condoleezza Rice, 50 ans, doit succéder dans les tout prochains jours à Colin Powell à la tête de la diplomatie américaine, après sa confirmation officielle attendue jeudi en séance plénière au Sénat. En prévision de ce nouveau "job", la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush a été entendue toute la journée de mardi par la commission des Affaires étrangères du Sénat (qui l'a sans surprise avalisée mercredi). A cette occasion, elle a longuement expliqué qu'une des "grandes tâches" de la diplomatie américaine sera "de répandre la démocratie et la liberté à travers le monde. "Le temps de la diplomatie est venu (...) Notre interaction avec le reste du monde doit se fonder sur le dialogue, pas le monologue", a-t-elle affirmé, affichant son souhait de corriger le tir après un premier mandat du président George W. Bush marqué par de multiples tensions sur la la scène internationale.
Elle a souligné l'importance "des alliances et des institutions multilatérales" pour faire avancer la liberté, citant notamment l'Otan et l'Union européenne. Soumise à un feu roulant de questions, Mme Rice a toutefois fait un faux-pas en qualifiant les raz-de-marée asiatiques de "merveilleuse occasion" pour relancer la diplomatie américaine dans cette région. "Je suis très déçue par votre déclaration", lui a immédiatement rétorqué la sénatrice californienne Barbara Boxer.
L’axe du mal de Rice
Mme Rice a également dénoncé les "postes avancés de la tyrannie", citant Cuba, la Birmanie, la Corée du Nord, l'Iran, le Belarus et le Zimbabwe -une formule qui rappelle le célèbre "axe du mal" du président Bush qui incluait l'Iran, la Corée du Nord et l'Irak de Saddam Hussein-. "L'Amérique se tient au côté des peuples opprimés sur chaque continent", a-t-elle assuré. Vêtue d'un tailleur noir et portant un collier de perles, réputée plus dure que son prédécesseur, Mme Rice a toutefois cherché à dissiper des divergences personnelles avec Colin Powell, qu'elle a appelé "mon ami et mentor".
Irak et Proche-Orient : deux défis
Longuement interrogée sur l'Irak, elle a admis que "nous avons de gros défis tactiques pour parvenir à notre objectif stratégique" de stabiliser et démocratiser ce pays, et s'est refusée de donner un calendrier pour un début de retrait des 150 000 soldats américains. Elle a notamment reconnu qu'il restait encore fort à faire pour que les forces irakiennes soient suffisamment nombreuses et opérationelles.
Mme Rice a également pressé Israéliens et Palestiniens d'avancer avec détermination vers un règlement de leur conflit, affirmant que "le moment est maintenant venu de faire le choix de la paix", et s'est engagée à "travailler personnellement" avec les dirigeants des deux camps. Elle a mis en garde la Syrie contre tout soutien aux radicaux anti-israéliens et à l'insurrection irakienne. "Le pouvoir syrien se comporte d'une manière qui, malheureusement, peut mener à de mauvaises relations sur le long terme avec les Etats-Unis", a-t-elle estimé.
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