© AFPLes enfants ont payé un lourd tribut lors des raz-de-marée du 26 décembre dernier. Ils représenteraient un tiers des 146 000 victimes recensées. Mais le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) s'inquiète pour ceux qui ont survécu (cliquez ici pour lire l'interview de Willem Standaert, responsable des programmes de l'Unicef en Indonésie). Nombre d’entre eux, qualifiés déjà de "génératon tsunami" ont perdu leur deux parents. Ils doivent à présent se battre seuls pour se procurer de la nourriture, de l'eau et une aide sanitaire. La priorité de l'Unicef est désormais de s'occuper de ces enfants et d'empêcher toute forme de trafic ou d'exploitation des plus démunis.
Le porte-parole pour l'Indonésie de l’Unicef, John Budd a fait état mardi du cas confirmé d'un enfant enlevé à Aceh et emmené à Medan, la capitale de la province de Sumatra Nord, dans le but d'y être vendu. Le bureau de l'Unicef en Malaisie a également reçu un SMS mardi, indiquant que 300 orphelins d'Aceh âgés de 3 à 10 ans étaient à vendre."Cela signifie qu'ils ont déjà des enfants ou au moins un réseau dans lequel sont identifiés des enfants, dont ils peuvent facilement s'emparer", a-t-il ajouté. L'Unicef a été saisi de nombreuses autres informations sur les trafics d'enfants ces derniers jours. Des ONG locales affirment par exemple que "des centaines" d'enfants ont été emmenés à Jakarta. Ces informations sont en cours de vérification. Selon les ONG locales, des gangs criminels pourraient se cacher derrière la façade respectable d'organisations caritatives.
"C'est mon petit neveu"
Le gouvernement indonésien a lui aussi cherché à prévenir le développement du trafic d'enfants, en interdisant aux jeunes de moins de 16 ans de quitter Aceh sans leurs parents. La démographie galopante, la pauvreté et la facilité à franchir les frontières ont fait de l'Asie un terrain favorable pour le commerce des enfants. En outre peu d'entre eux sont enregistrés à la naissance dans les zones rurales, observe un responsable de l’Unicef : "Il est facile de dire : c'est mon petit neveu".
Pour protéger les enfants, l'Unicef met en place dans les zones sinistrées des centres d'accueil qui tentent de les identifier et de retrouver leurs familles grâce à des photos. Dans les pays riches, plusieurs appels ont été lancés, notamment par le maire de Rome ou la religieuse française soeur Emmanuelle, pour que l'adoption des enfants victimes du tsunami soit facilitée. Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué lundi que Paris était prêt à mettre en place un dispositif particulier pour l'adoption d'orphelins. Mais les organisations humanitaires rappellent que le mieux pour un orphelin est d'être recueilli par sa famille élargie, par sa communauté (village) ou au moins de rester dans son pays. Elles recommandent en revanche le "parrainage" de ces enfants.
Photo : enfant rescapé, seul, au Sri lanka (AFP)
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