
La demande de Kofi Annan a été entendue.
"Je lance aujourd'hui un appel pour l'effort d'aide internationale d'urgence que les Nations unies entreprennent en Indonésie, aux Maldives, au Sri Lanka, aux Seychelles et en Somalie", a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Onu lors de l'ouverture d'un sommet exceptionnel à Jakarta, devant la trentaine de pays et d'organisations internationales qui ont répondu à l'invitation lancée dans l'urgence par le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, dont le pays a été le plus durement frappé par le cataclysme du 26 décembre, avec près de 95 000 morts. Le communiqué final du sommet répond largement à ses attentes.Alors que l'idée ne faisait pas l'unanimité (notamment auprès de l'Australie), les dirigeants réunis à Jakarta ont approuvé le principe d'un moratoire sur la dette des pays touchés par les raz-de-marée, reprenant l'ensemble des idées exprimées à la fois par les pays touchés par les tsunamis et par les pays donateurs. La problématique de la dette des pays touchés par le cataclysme sera de nouveau évoquée le 12 janvier lors d'une réunion du Club de Paris, instance informelle qui réunit les grands pays créanciers. Mais l'idée d'un moratoire est fermement soutenue par plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que par le Japon.
977 millions de dollars pour les six prochains mois
Les dirigeants réunis à Jakarta appellent par ailleurs les pays donateurs et les institutions financières internationales "à fournir les fonds nécessaires pour assurer la viabilité et permettre aux programmes (de reconstruction) de s'inscrire dans la durée". Ils ont entériné, dans leur déclaration finale, l'évaluation de Kofi Annan, qui a estimé à 977 millions de dollars les besoins pour les six prochains mois. Pour les aides de plus long terme, les besoins sont largement couverts par les promesses d'aides publiques et privées qui n'ont cessé d'affluer depuis la catastrophe. Selon l'Onu, le montant global des aides se situe entre 3 et 4 milliards de dollars. A la veille du sommet de Jakarta, plusieurs pays ont annoncé de très fortes augmentations de leur aide d'urgence (lire Solidarité sans précédent pour l’Asie). L'UE, qui avait déjà débloqué 100 millions d'euros dans l'urgence, s'est engagée sur 350 millions supplémentaires.
Système d’alerte
Les Etats-Unis ont également annoncé la dissolution du groupe de pays dont ils avaient pris la tête pour apporter une assistance d'urgence aux victimes du tsunami en Asie, et leur intention d'oeuvrer désormais sous la coordination de l'Onu. Le secrétaire d'Etat Colin Powell a déclaré au sommet de Jakarta que ce groupe, formé outre son pays de l'Inde, du Japon et de l'Australie, avait "rempli son rôle" de catalyseur de la distribution des secours. "Il va désormais se fondre au sein des efforts plus larges de coordination des Nations unies alors que la communauté internationale toute entière oeuvre à soutenir les pays qui ont souffert de cette tragédie", a dit M. Powell. "Bien sûr, ce sont les Nations unies qui assurent la conduite" des opérations d'aide et de recontruction, a déclaré Kofi Annan en marge du sommet.
Le sommet de Jakarta a également approuvé le principe d'un "système régional d'alerte précoce". En effet, des milliers de vies auraient été probablement sauvées si les populations menacées par la vague géante avaient été prévenues à temps, juste le temps d'évacuer les côtes et de se mettre à l'abri. La déclaration finale suggère par ailleurs de "promouvoir l'éducation et la prise de conscience, de même que la participation des communautés dans la prévention des désastres". Mais sans mentionner de mesure de financement de ce centre, ni le moindre élément de calendrier.(Photo : le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan au sommet de Jakarta, jeudi matin. LCI)
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