Le président intérimaire irakien Ghazi al-Yaouar lors de sa visite en France © LCIC'est la première fois qu'une autorité politique emploie le terme d'"enlèvement" pour qualifier la disparition de Florence Aubenas, grand reporter au quotidien Libération envoyée en Irak, dont on est sans nouvelle depuis une semaine. "J'ai exprimé notre tristesse, au nom du gouvernement et du peuple irakiens, pour l'enlèvement de cette journaliste innocente", a déclaré jeudi Ghazi al-Yaouar, président intérimaire irakien, à l'issue d'un déjeuner à l'Elysée avec le président Jacques Chirac. "C'est une autre manifestation du terrorisme aveugle qui ne fait aucune distinction entre les être humains, les religions, les sexes ou la nationalité".
Le président intérimaire irakien, en visite pour deux jours en France, a précisé que son gouvernement "est en train de faire tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de cette journaliste française et de son accompagnateur". Pour sa part, le président Chirac a fait part à son invité de son "inquiétude" sur le sort de la journaliste, a rapporté le porte-parole de l'Elysée Jérôme Bonnafont. Le chef de l’Etat "a remercié le president irakien pour l'assistance des autorités irakiennes dans cette douloureuse circonstance", a ajouté le porte-parole.
"L’étape capitale" du scrutin du 30 janvier
Les responsables français, à l'instar du ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, se sont jusqu'à présent refusé à parler d'enlèvement à propos de la disparition de Florence Aubenas et de son interprète. "Au moment où je vous parle, je ne parlerai pas d'enlèvement. Nous cherchons l'endroit où ils se trouvent. Nous sommes mobilisés, nous cherchons des informations, nous avons pris tous les contacts utiles", indiquait encore mardi Michel Barnier.
Autre sujet obligé de cette visite : les élections générales en Irak. A un peu plus de deux semaines de la date prévue du scrutin, Jacques Chirac en a souhaité jeudi la réussite. "Nous approchons avec les élections du 30 janvier d'une étape capitale pour la réussite du processus de reconstruction de l'Irak", a dit le chef de l’Etat, cité par son porte-parole. "La France souhaite qu'elle soit franchie avec succès". Le chef de l’Etat a également souligné "la nécessité d'une participation la plus large possible", alors qu'une grande partie des sunnites est tentée de boycotter les élections.
Photo d’ouverture : le président intérimaire irakien Ghazi al-Yaouar lors de sa visite en France - DR
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