
Neuf jours après la disparition de Florence Aubenas, envoyée spéciale du quotidien Libération, et de son accompagnateur irakien Hussein Hanoun Al Saadi à Bagdad, le président irakien par intérim Ghazi al-Yaouar a rejeté sur la télévision al-Arabiya la thèse de la prise d'otage politique. "Je ne pense pas qu'il y ait une partie politique qui aurait intérêt à enlever un Français", a-t-il estimé. "Je pense que l'affaire pourrait être liée à une rançon ou quelque chose de ce genre", a-t-il poursuivi.
"Mais les ravisseurs éventuels essayent d'accroître la tension avant de poser leurs conditions", a expliqué Yaouar qui vient d'effectuer une visite à Paris. "Jusqu'à présent, il n'y a pas d'informations sur la journaliste. Dans ce genre de cas, il y a en général un mutisme total pendant une semaine ou deux, après lequel les informations commencent à filtrer", a-t-il ajouté.
"Aucune information confirmée"
Mais de côté, les autorités françaises assurent n'avoir rien vu venir. Michel Barnier a assuré lundi après-midi qu' "il n'avait pas d'information confirmée sur le sort" de la journaliste et de son accompagnateur. "Je ne souhaite pas faire d'autre commentaire à ce stade, sauf pour dire que depuis mercredi 5 janvier, date à laquelle nous avons été informés de leur disparition, nous travaillons sans relâche, tant à Bagdad qu'à Paris", a conlcu le ministre.
M. Yaouar a expliqué avoir évoqué la disparition de Florence Aubenas avec les responsables français qu'il a rencontrés à Paris. "Je leur ai exprimé notre tristesse et notre souffrance en Irak concernant l'enlèvement ou la disparition de cette dame. Nous leur avons dit que le gouvernement irakien ne ménagera aucun effort, selon nos moyens dans la situation sécuritaire actuelle, pour élucider cette affaire et parvenir à un dénouement heureux de cette tragédie", a-t-il dit.
(Image d'archive : Florence Aubenas)
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