
L’appel de l’Onu pour que les promesses de dons en faveur de l’Asie se transforment en aide concrète semble avoir été entendu. Réunis mardi à Genève, les pays donateurs se sont engagés à verser 717 millions de dollars aux Nations unies pour aider à court terme les victimes des raz-de-marée. Ces versements représentent 73% des 977 millions de dollars réclamés la semaine dernière par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour couvrir les besoins dans les six prochains mois, s'est félicité devant la presse le coordinateur des opérations d'urgence des Nations unies, Jan Egeland.
Selon Jan Egeland, qui présidait la rencontre, c'est la première fois que l'organisation parvient à collecter une somme aussi importante en aussi peu de temps. "Cela n'était jamais arrivé auparavant", a-t-il dit. "Je m'attends, d'après les promesses très généreuses que j'ai entendues, à ce que cet appel d'urgence sera couvert à 100% (…). C'est de l'argent que nous pouvons dépenser pour des secours immédiats. Dans la plupart des cas, l'argent est en route ou arrivera dans les prochains jours".
"Le monde veut que cet effort de secours soit le meilleur jamais entrepris, qu'il soit l'un des plus généreux, des plus immédiats et des plus efficaces durant la phase d'urgence", a estimé le responsable onusien. Il a ajouté que l'opération en cours déboucherait aussi sur "la meilleure transition jamais accomplie vers la phase de construction et de restauration, qui a déjà été engagée dans certains endroits".
Le Japon, plus gros contributeur
La conférence de Genève a réuni 70 pays, a précisé Jan Egeland. "Tous ont contribué de façon très concrète, que ce soit beaucoup ou peu". Le plus gros contributeur est de loin le Japon, qui va verser en argent comptant 250 millions de dollars dans les prochains jours. Les autres principaux contributeurs sont le Royaume uni (74 millions de dollars), l'Allemagne (68 millions), la Norvège et l'Union européenne (61 millions). Par ailleurs, dans beaucoup de pays, le secteur privé s'est engagé à contribuer aux secours dans les mêmes proportions que les gouvernements. "Nous aurons des milliards pour les secours d'urgence, mais aussi pour la reconstruction et la restauration", s’est félicité Jan Egeland.
Le haut fonctionnaire onusien a enfin fait état d'un "très fort engagement" des participants en faveur d'un système d'alerte aux tsunamis et des efforts de prévention. "Nous ne devons plus jamais avoir une telle catastrophe à la surface du globe", a-t-il lancé. Jan Egeland a assuré que l'opération bénéficierait également du meilleur mécanisme de suivi financier jamais mis en place par les Nations Unies.
Pendant que les principaux pays donateurs réunis à Genève s'engageaient ainsi plus concrètement en faveur de l'Asie, en France, Jacques Chirac a reçu mardi pendant une heure le ministre indonésien des Affaires étrangères Hassan Wirajuda, envoyé spécial du président indonésien. A la veille de la réunion du Club de Paris, regroupant les principaux pays créanciers du monde, qui doit examiner l'opportunité d'instaurer un moratoire sur la dette du Sri Lanka et de l'Indonésie, Jacques Chirac a assuré son invité de "l'appui" de la France en faveur d'un moratoire sur la dette indonésienne et pour la reconstruction du pays dévasté par le raz-de-marée, a rapporté l'Elysée. Auparavant, Michel Barnier avait annoncé, après avoir rencontré Hassan Wirajuda, que la France était prête à un effort de 130 millions d'euros en 2005 en faveur principalement de l'Indonésie dans le cadre d'un tel moratoire.
Le risque d’épidémies pas écarté |
Photo d’ouverture : la réunion des donateurs à Genève - DR
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