Appareil apportant du matériel d’aide aux sinistrés d’Asie du Sud-Est après les raz-de-marée meurtriers © LCILes raz-de-marée ont laissé derrière eux des paysages de désolation en Indonésie, en Thaïlande, à Sumatra ; et déjà, sur ces territoires ravagés, il faut acheminer l’aide. Tout manque, à commencer par les moyens de transport : dans les zones touchées, toutes les voies terrestres ont disparu, et les infrastructures permettant d’accueillir des transports aériens font aussi cruellement défaut. A cela s’ajoutent les répliques régulières depuis le séisme de dimanche dernier (plusieurs dizaines de secousses, qui alimentent la peur parmi les survivants), ainsi que, dans l’Est de Sumatra, des pluies diluviennes qui ont envahi certains camps de réfugiés, achevant de ravager ce qui n’avait pas été complètement détruit.
Dans ces conditions, l’élan de générosité internationale peine à se traduire sur le terrain en apports de nourriture ou de matériel. Les pilotes d’hélicoptères – l’un des rares moyens de transport permettant d’accéder jusqu’au cœur des zones sinistrées – évoquent des survivants affamés qui se jettent sur leur précieuse cargaison, au point de vouloir pénétrer dans l’appareil avant que la distribution ait commencé, ou d’empêcher l’atterrissage.
Samedi soir, un responsable des Nations unies a fait part de ses craintes devant ces difficultés de progression sur le terrain des équipes de secours. "Les plus grandes contraintes viennent de loin d'un embouteillage logistique", a déclaré Jan Egland, coordonnateur de l'aide d'urgence de l'Onu. "L'aide de l'armée ou des services de sécurité civile venant de plusieurs pays a autant de valeur que de l'or aujourd'hui. Elle fait en sorte que nous puissions participer à la course contre la montre" qui se joue actuellement pour apporter des secours aux sinistrés.
Les besoins : porte-hélicoptères, contrôleurs aériens…
Les plus graves problèmes auxquels sont confrontés les sauveteurs se situent dans la région indonésienne de Banda Aceh, au nord de Sumatra, et au Sri Lanka, ainsi que dans les Maldives. D’où cet appel du responsable de l’Onu : "les moyens de communication et de transport ont brutalement disparu. Aussi nous demandons une sorte de nouveau moyen de transport alternatif. Nous avons besoin de transporter beaucoup de nourriture par hélicoptère, ce qui est très cher, demande beaucoup d'équipement et n'est pas non plus le moyen le plus facile de ravitailler des populations".
Les livraisons par avion sont aussi rendues difficiles par la dégradation des pistes due aux raz-de-marée. "Nous devons transformer de petites pistes d'atterrissage endommagées en aéroports qui seront parmi les plus affairés du monde", a résumé Jan Egland. Pour éviter la congestion, il a évoqué la mise en œuvre de porte-hélicoptères, "qui peuvent mouiller au large sans encombrer les aéroports". Les sauveteurs auront besoin d'équipes de contrôle du trafic aérien, d'une centaine de navires et de barges de débarquement, ainsi que plusieurs centaines de camions et d'unités autonome de traitement de l'eau, d'avions de transports géants comme le C-17 ou plus petits comme le C-130 ainsi que de milliers de générateurs d'électricité, d'équipement de stockage de fuel, a précisé M. Egeland.
Photo d’ouverture : atterrissage d’un avion transportant de l’aide d’urgence - DR
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