© afpLa photo a fait le tour du monde, au pire moment alors que l'on s'apprête à célébrer le 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz. Déguisé en officier nazi de l'Afrika Korps, brassard frappé d'une swaztika au bras gauche, le prince Harry, malgré ses excuses, aura cette fois du mal à faire oublier cette dernière frasque.
Longtemps, l'opinion britannique a pourtant pardonné au fils cadet de Charles, gardant en mémoire l'image du petit prince de 12 ans à la chevelure de feu, suivant tête baissée le cercueil de Lady Diana. C'était en septembre 1997. Mais très vite, son image publique a donné du fil à retordre à la famille royale. Il est moins brillant scolairement, moins posé que son frère William, de deux ans son aîné. Sportif accompli, amateur de rugby, il est visiblement plus à l'aise à cheval ou sur des skis que devant le tableau noir du prestigieux collège de Eton, dont il est sorti en juin 2003 avec des résultats médiocres, notamment en géographie -il a eu un D à son examen final.
Cannabis et bière
Ces premières incartades "connues" remontent à 2001. Alors âgé de 16 ans, Harry, troisième dans l'ordre de succession au trône après son père et son frère, est surpris en train de fumer du cannabis. Il l'admet en 2002, échappe à une première procédure judiciaire. Son père, déterminé à le remettre dans le droit chemin, l'envoie alors visiter un centre de désintoxication. Il aime également les boîtes de nuit et les jolies filles, et la presse tabloïd se régale d'images du prince en galante compagnie, souvent un verre à la main.
Consciente du "problème Harry", la famille royale fait de son mieux pour améliorer son image. Après ses études à Eton il a, comme beaucoup de jeunes Britanniques, pris une année sabbatique. Un documentaire diffusé en septembre l'a montré participant à des projets humanitaires au Lesotho. Le prince confie alors vouloir reprendre le flambeau de sa mère. "Je crois que je tiens beaucoup de ma mère, fondamentalement, et pense qu'elle aurait voulu que nous fassions cela, moi et mon frère", explique-t-il alors après un séjour dans un orphelinat pour enfants malades du sida en Afrique. "Je veux essayer de continuer son oeuvre pour qu'elle soit fière de moi".
Carrière militaire compromise ?
Mais quelques semaines plus tard, il refait les gros titres de la presse pour s'être battu avec un photographe à la sortie d'une boîte de nuit. A la même période, il est également accusé d'avoir triché lors d'un examen final à Eton, un professeur affirmant avoir accompli la plus grosse partie de son devoir. Nouvelle affaire classée sans suite. Harry se fera de nouveau remarquer en novembre, à l'occasion d'un voyage en Argentine. Officiellement, il perfectionne sa pratique du polo. Mais la presse fait grand cas de virées bien arrosées dans les bars. Et peu après son retour, la presse le retrouve sous les tropiques, folâtrant avec une jeune Zimbawéenne présentée comme sa petite amie. "Elle n'est pas noire, ni rien de ce genre", aurait tenu à préciser le prince lors d'une soirée à un invité.
Enfin, en novembre, il avait fait savoir qu'il reportait à mai son entrée à l'académie militaire de Sandhurst, d'abord prévue en janvier. Certains commentateurs se demandent d'ailleurs si cette carrière militaire n'est pas définitivement compromise. "S'il s'agissait de n'importe qui d'autre, sa demande ne serait pas même examinée", a ainsi déclaré Doug Henderson, ancien secrétaire d'Etat aux forces armées.
avec AFP
photo afp d'archives-Jim Watson : le Prince Harry
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