Incertitudes sur le sort de Florence Aubenas

le 07 janvier 2005 à 18h11 , mis à jour le 07 janvier 2005 à 21h27

Michel Barnier, le ministre des Affaires étrangères estime que plusieurs hypothèses sont possibles concernant l'envoyée spéciale de "Libération" à Bagdad. Florence Aubenas et son interprète irakien n'ont plus contacté le journal depuis mercredi.

Aubenas Florence journaliste Libération envoyée spéciale Irak Bagdad © DR

"Nous avons des inquiétudes mais pas de certitudes" sur le sort de Florence Aubenas. Invité de LCI vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, est resté très prudent sur le sort de l'envoyée spéciale de Libération à Bagdad et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al Saadi, dont on est sans nouvelles depuis mercredi. "Plusieurs hypothèses" sont possibles, a insisté le ministre qui a indiqué que les autorités irakiennes ont été contactées et les hôpitaux également. Vendredi soir, il a précisé que des recherches avaient été entamées.

"Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé. Toutes les hypothèses sont ouvertes et bien entendu nous allons essayer d'en savoir un peu plus", avait assuré pour sa part la ministre de la Défense, ajoutant que la libération de Malbrunot et Chesnot avait montré que "civils et militaires de la DGSE avaient un certain savoir-faire en la matière" et que "nous avons également tiré des conséquences sur un certain nombre de filières". Jacques Chirac a souligné que la France mettait "tous les moyens" en oeuvre pour retrouver la journaliste disparue.

"Une protection"

Florence Aubenas, 43 ans, "travaillait sur deux sujets, les femmes candidates aux élections et les rescapés de Falloujah. Elle avait pris des rendez-vous pour ces sujets mais ils avaient été annulés car ils étaient dans des zones trop dangereuses. Nous ne pensons pas qu'elle allait à ces rendez-vous", a déclaré à LCI Serge July, directeur de Libération.

Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction du quotidien, a indiqué que Libération avait choisi de divulguer cette disparition parce que "cela peut être une protection pour elle. Il vaut mieux qu'on fasse connaître que Florence Aubenas est une journaliste française qui travaille pour un journal quotidien français à Bagdad, où elle est envoyée spéciale". Vendredi soir il a affirmé : "On fera tout pour récupérer Florence Aubenas."

"Grande inquiétude"

Envoyée spéciale au Rwanda, au Kosovo, en Algérie, en Afghanistan, Florence Aubenas est une journaliste "très expérimentée", a souligné Serge July. "Nous ne parlons pas encore d'otages car nous ne savons rien. Nous parlons de notre inquiétude à son sujet", a-t-il poursuivi. "Oui c'est dangereux de travailler en Irak" mais "nous pensons qu'il y a un processus électoral engagé en Irak et que nous ne pouvons pas ne pas le couvrir", a estimé pour sa part Serge July.

L'Irak, selon Reporters sans frontières (RSF), est "pour la deuxième année consécutive, le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. 19 reporters et 12 collaborateurs des médias y ont été tués en 2004", au moins 12 reporters étrangers et nationaux ont été enlevés par des groupes islamistes. Un seul de ces enlèvements s'est terminé tragiquement : le reporter italien indépendant Enzo Baldoni, 56 ans, a été exécuté fin août. "Tout le monde est atterré à Libération, car Florence est très appréciée. L'inquiétude est de plus en plus grande", commentait jeudi soir un journaliste du quotidien.

Photo d’ouverture : l'envoyée spéciale de Libération en Irak, Florence Aubenas - DR

le 07 janvier 2005 à 18:11
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