© DR"Nos relations peuvent être meilleures et différentes. C'est le but principal de ma visite." Le nouveau président ukrainien Viktor Iouchtchenko a effectué lundi son premier déplacement à l'étranger, à Moscou, en Russie. Objectif principal de cette rencontre avec le président Vladimir Poutine : repartir sur de nouvelles bases avec le Kremlin, avec qui les relations se sont crispées lors de la "révolution orange". Un premier geste de réconciliation avant une tournée européenne.
"Vivre dans la paix et l'entente"…
Réformateur pro-occidental, le président Iouchtchenko estime "souhaitable" que Moscou et Kiev tournent "les pages marquées par des malentendus et celles qui ne valent pas la peine d'être inclues" dans les relations stratégiques bilatérales. "Je sais que la Russie est un grand pays avec lequel il s'agit de toujours vivre dans la paix et l'entente", a souligné le nouveau chef d'Etat, sûr que sa "position franche sera reçue avec compréhension à Moscou".
Mais la chose ne sera pas facile. Le gouvernement russe a ouvertement soutenu le rival de Iouchtchenko lors de la présidentielle ukrainienne. Moscou a toujours considéré l'Ukraine comme faisant partie de son "empire naturel", presque comme étant une partie des terres russes. Et il souhaite garder son influence dans cette ex-république soviétique de 48 millions d'habitants, située aux portes de l'Europe.
Le Kremlin entend certes renouer les liens, mais il sait aussi que la Russie fournit à Kiev plus du tiers de son énergie et que les capitaux russes sont très présents dans l'économie ukrainienne. Lors de cette rencontre, l'accent devait être mis sur la poursuite de l'intégration économique de l'Ukraine au sein de la Communauté des Etats indépendants (CEI, ex-URSS moins les Pays Baltes). Une intégration évoquée par la presse comme un possible point de friction au Kremlin. Viktor Iouchtchenko a répété dès son investiture que la "place" de l'Ukraine était "dans l'Union européenne".
… malgré des dissenssions ?
Autre possible point de tension, la nomination de la charismatique députée Ioulia Timochenko aux fonctions de Premier ministre par intérim. L'égérie de la "révolution orange", économiste de formation est considérée comme étant une radicale. Très populaire dans l'ouest nationaliste, elle est détestée dans l'est russophile du pays. Sa nomination ne devrait pas être particulièrement bien accueillie en Russie, où une enquête judiciaire pour corruption a été ouverte à son encontre. Mais Ioulia Timochenko s'est efforcée ces dernières semaines d'assouplir son discours, notamment vis-à-vis de Moscou, et a accordé de nombreuses interviews à la presse russe.
Après sa visite à Moscou, Iouchtchenko repartira mardi en tournée en Europe. Il s'adressera à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg, puis participera mercredi aux commémorations de la libération du camp d'Auschwitz. Jeudi, il reviendra à Strasbourg, parler devant le Parlement européen, puis participera dès vendredi à Davos, en Suisse, au Forum économique mondial.
(Photo : Viktor Iouchtchenko/archives/DR)
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