© afpAlors que les propos des dirigeants du monde entier, Gerhard Schröder en tête, ont été jusqu'à présent très consensuels, les déclarations d'Ariel Sharon risquent de déclencher la polémique. Lors d'une session spéciale de la Knesset dédiée au 60e anniversaire de la libération de ce camp de la mort, le Premier ministre a ainsi assuré qu'Israël a tiré la leçon d'Auschwitz en assurant sa propre défense face à ses ennemis. "L'Etat d'Israël a appris à se défendre, à défendre ses habitants contre ses ennemis et constitue un abri pour les juifs. La leçon, c'est que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes" a-t-il lancé.
Il a notamment qualifié de "décisions de légitime défense" les mesures prises par son gouvernement "pour lutter contre les terroristes palestiniens", même si elles sont "considérées par nos ennemis comme agressives et comparables à ce que nous ont fait les nazis". Dans ce contexte, il a cité longuement Martin Luther King qui affirmait que "l'antisionisme n'est rien d'autre que de l'antisémitisme déguisé".
"Les Alliés savaient. Ils n'ont rien fait"
Autre pavé dans la mare : une sévère critique de l'attitude des Alliés, qui, selon Ariel Sharon, "savaient que les juifs étaient en voie d'extermination et n'ont rien fait". "Ils ont tout fait pour ne pas traiter le problème. Ils n'ont pas voulu s'occuper de cela et ont par exemple refusé de bombarder les voies ferrées qui reliaient la Hongrie à Auschwitz où 10 000 juifs étaient tués chaque jour" a-t-il tempêté. Il a également évoqué le sort du Saint Louis. Ce navire avait quitté l'Allemagne en 1939 avec 1 000 fugitifs juifs à son bord, avant que l'accès aux ports de Cuba et des Etats-Unis ne lui soit refusé. "Ils sont revenus en Europe et ont pour la plupart péri dans les camps" a raconté le Premier ministre.
"Le monde se fichait complètement que l'on tue des juifs. C'est la seule conclusion qui s'impose" a-t-il poursuivi. "Mais, 60 ans après Auschwitz, les témoins s'éteignent et l'ignorance grandit. Beaucoup, dans le monde, ne savent pas ce qui s'est passé à l'époque. Soixante ans après Auschwitz, la haine menace à nouveau". "Nous continuerons d'agir pour que le souvenir d'Auschwitz ne soit pas oublié (...) Israël est un tout petit Etat, très capable. C'est le seul pays au monde où les juifs ont la possibilité de se défendre par eux-mêmes. Nous ne cèderons jamais là-dessus. C'est notre responsabilité historique, c'est ma responsabilité" a conclu Ariel Sharon.
Schröder dit "sa honte de l'idéologie nazie" |
Etranglé par l'émotion, le chancelier allemand a dit "sa honte", soulignant que "l'idéologie nazie était voulue par l'Homme et réalisée par l'Homme", mardi lors d'une cérémonie à Berlin. "J'exprime ma honte envers les assassinés, et envers ceux qui ont survécu à l'enfer des camps de concentration" a déclaré le "représentant de l'Allemagne démocratique", citant "juifs, Tziganes, homosexuels, opposants politiques, prisonniers de guerre et résistants de toute l'Europe".
Dans un vibrant appel à combattre l'antisémitisme, dont "on ne peut nier la persistance aujourd'hui", le chancelier a martelé que "c'est le devoir commun de tous les démocrates de lutter avec détermination contre les répugnantes incitations à la haine des néonazis et leurs tentatives toujours renouvelées de minimiser les crimes des nazis".
(photo-afp : Ariel Sharon, à la Knesset, ce mercredi)
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