Italie : 17 morts dans la catastrophe ferroviaire

Par D.S. (d'après AFP), le 08 janvier 2005 à 10h09 , mis à jour le 08 janvier 2005 à 21h07

Trois corps ont été retirés samedi des carcasses du convoi de marchandises qui a été percuté par un train de voyageurs vendredi près de Bologne. Les enquêteurs privilégient pour l'instant la piste de l'erreur humaine. Une polémique se développe autour de la sécurité des chemins de fer italiens.

accident de trains Bologne Italie © lci

Les pompiers qui continuent à fouiller les carcasses du train Vérone-Bologne ont trouvé samedi trois nouveaux corps, dont ceux des deux machinistes du train de marchandise impliqué dans la collision. Cette catastrophe ferroviaire survenue vendredi près de Bologne, dans le centre de l'Italie, a fait au total 17 morts. Plusieurs dizaines de voyageurs ont été blessés lors du choc. Une quinzaine le sont sérieusement.

L'accident de Crevalcore est le plus grave depuis près d'un quart de siècle dans la péninsule. Quatre enquêtes différentes sont en cours pour déterminer les causes de l'accident qui s'est produit par temps de brouillard. L'hypothèse qui prévaut, à ce stade, est que le train de voyageurs n'aurait pas respecter un signal pour laisser passer l'autre convoi, sur une portion du réseau ferré à voie unique. Le train interrégional aurait dû s'arrêter dans la gare de Bolognina di Crevalcore. Le procureur-adjoint de Bologne, chargé de l'enquête, a toutefois jugé "prématuré de parler d'erreur humaine", tant que la boîte noire du train de voyageurs, qui a été récupérée, n'aura pas été analysée.

La sécurité des chemins de fer en question

Une polémique s'est développée autour de la vétusté de certaines lignes du réseau ferré : 60,5% des voies en Italie ne sont pas doublées. Le tronçon Bologne-Vérone, long de 114 km, théâtre de l'accident, attend depuis des années que sa modernisation soit achevée. 42 km sont à double voie tandis que les 72 km restants doivent le devenir à l'horizon 2008. C'est le ministre des Transports lui-même, Pietro Lunardi, qui a jeté de l'huile sur le feu. Venu sur les lieux de la collision, il a déclaré que "les gouvernements de gauche avaient ralenti l'amélioration du réseau ferroviaire" alors que, depuis 2001, le gouvernement de Silvio Berlusconi "a fait de la  sécurité routière et ferroviaire une de ses priorités".

La gauche s'est insurgée. Son leader Romano Prodi, venu sur place voir les rescapés, a refusé d'entrer dans la polémique, estimant que ce n'était pas le moment. Mais le chef du groupe parlementaire des Démocrates de gauche (DS), Luciano Violante, a demandé au ministre de venir s'expliquer mardi devant les députés.

(Image LCI : dans la nuit de vendredi à samedi, dans les décombres)

Par D.S. (d'après AFP) le 08 janvier 2005 à 10:09
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