Al-Joundi accuse

le 05 janvier 2005 à 08h00 , mis à jour le 05 janvier 2005 à 22h14

Tortures à l'électricité, simulacres d'exécution : mercredi, l'accompagnateur syrien des deux ex-otages français en Irak a détaillé les mauvais traitements dont il affirme avoir été victime de la part de l'armée américaine.

al joundi conf de presse

Mohamed Al-Joundi, l'ex-accompagnateur syrien des anciens otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot, a dénoncé mercredi à Paris les tortures que lui auraient infligées, selon lui, des soldats américains en Irak. Le chauffeur syrien, qui s'est exprimé devant la presse au cabinet de son avocat Me Jacques Vergès, a notamment affirmé avoir subi à deux reprises trois simulacres d'exécution avec des balles à blanc par des soldats et un interrogatoire à l'électricité par des civils.

Enlevé le 20 août 2004 avec les deux journalistes français au sud de Bagdad, Mohamed Al-Joundi avait été retrouvé le 11 novembre à Falloujah par des soldats américains qui l'ont interrogé pendant plusieurs jours avant de le libérer le 17 novembre. Selon le chauffeur syrien, deux photographes italiens et allemand l'auraient photographié au début de sa détention et un chauffeur de taxi aurait assisté à sa remise en liberté en pleine rue, "à moitié nu dans la région d'Alsaklaouiya".

Mohamed Al-Joundi a déposé mardi une plainte avec constitution de partie civile pour "tortures et actes de barbarie" contre le général John Sattler, commandant de la première force expéditionnaire des "marines" à Falloujah. Me Vergès a expliqué que son client avait retardé le dépôt de cette plainte à la demande du ministère des Affaires étrangères pour ne pas compromettre la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Remis en liberté "à moitié nu"

Interrogé sur l'absence de plainte contre ses ravisseurs, Mohamed Al-Joundi, membre d'une dissidence pro-irakienne du parti Baas syrien, a expliqué que "les gens qui l'avaient enlevé étaient des résistants qui avaient le droit de défendre leur pays, ce qui, a-t-il dit, n'est pas le cas des Américains qui l'occupent illégalement". Me Vergès estime la plainte de son client recevable par la justice française car, selon lui, Mohamed Al-Joundi aurait obtenu le statut de réfugié en France et les réfugiés bénéficieraient des mêmes droits que les Français pour porter plainte pour des crimes commis à leur encontre hors du territoire national.

Mohamed Al-Joundi a raconté avoir été arrêté le 11 novembre par des soldats américains dans une maison abandonnée de Falloujah où il se terrait depuis 6 à 7 jours après avoir été remis en liberté par l'"Armée islamique en Irak" qui l'avait séquestré durant trois mois. Selon son récit, il aurait ensuite été conduit successivement dans trois bases américaines où il aurait été interrogé par cinq à six hommes, militaires et civils. "Je leur ai dit qui j'étais. Ils voulaient que je leur donne les adresses des personnes qui m'avaient aidé à aller à Falloujah et les adresses des personnes qui m'avaient enlevé. Ils m'ont montré des photos prises par satellite et des portraits de personnes qu'on me demandait de reconnaître", a-t-il expliqué.

(Photo archives/al Jounid/DR)

le 05 janvier 2005 à 08:00
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