
Dès l’ouverture de la conférence de Genève, l'Onu a salué mardi l'élan de générosité "sans précédent" qui a suivi le raz de marée en Asie. Cette conférence, qualifiée à l'origine de "ministérielle" par l’organisation internationale, réunit en fait des hauts responsables gouvernementaux des pays affectés par la catastrophe du 26 décembre, des organisations humanitaires, ainsi que des pays donateurs – la France est représentée par le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Renaud Muselier. Ensemble, ces quelque 250 représentants doivent passer en revue les efforts en cours pour venir en aide aux zones sinistrées.
Mais l’organisation internationale attend avant tout que les pays donateurs officialisent leurs promesses d'aide et "prennent des engagements concrets, avec des délais précis". Les Nations unies ont demandé 977 millions de dollars pour venir en aide à 5 millions de sinistrés pendant six mois. Jusqu'à présent, l'Onu a reçu des promesses d'aides pour 2,69 milliards de dollars, soit près de trois fois cette somme. Mais les donateurs n'ont pas toujours précisé quand ces montants seraient débloqués.
"Maintenant il faut transformer ces contributions en cash. Le mot d'ordre, c'est le cash", explique Elisabeth Byrs. La porte-parole du Bureau de coordination de l'aide humanitaire des Nations Unies, est ferme : l'Onu souhaite que les promesses faites à Jakarta se concrétisent dès aujourd'hui en espèces sonnantes et trébuchantes. La Chine a ainsi déjà fait savoir qu'elle verserait, avant la fin du mois, au moins 50% des 63 millions de dollars qu'elle a promis. Selon des sources officielles, d'autres pays devraient faire à Genève des annonces similaires, après l'appel lancé jeudi à Jakarta par Kofi Annan.
Aide d'urgence et besoins à long terme
Autre inquiétude : la mobilisation dans le temps. Au total, l'aide publique et privée promise aux pays victimes du raz de marée atteint désormais les huit milliards de dollars. Mais les organisations humanitaires redoutent une diminution des versements lorsque les suites du cataclysme ne feront plus la une des journaux. "Nous pensons que nous continuerons à travailler sur place jusqu'à la fin de la décennie", prévoit Susan Johnson, directrice des opérations de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. "Même si nous nous concentrons pour le moment sur l'aide d'urgence, il est important de souligner que nous nous penchons déjà sur les besoins à moyen et long terme avec les sociétés nationales (de la Croix-Rouge) sur le terrain", ajoute-t-elle.
L'Onu a en outre lancé mardi à Genève un appel à la communauté internationale pour que l'élan de générosité qui s'est manifesté envers l'Asie s'applique aussi aux "20 à 30 millions de personnes" dans le monde qui "ont désespérément besoin d'aide", notamment en Afrique.
Le risque d’épidémies pas écarté |
Les pays touchés par les raz-de-marée doivent rester particulièrement attentifs au développement de maladies comme les diarrhées, la dysenterie et la typhoïde au cours des deux prochaines semaines critiques en termes d'épidémies, a averti mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tout en reconnaissant que "pour le moment, aucune épidémie ne s'est développée dans les camps (de déplacés) dans l'ensemble des régions touchées par le tsunami".
Photo d’ouverture : ouverture de la conférence à Genève - DR
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