Mais le feu de la vie et de la mémoire continue d'illuminer les tombes. © TF1Cliquez ici pour visionner
notre diaporama de la cérémonie
De nouveau, le sifflement d'un train s'est fait entendre à l'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau ce jeudi, vers 14h50, heure française. Symbolisant l'arrivée des déportés à leur destination finale, il a marqué le coup d'envoi de la cérémonie internationale de commémoration de libération des camps de la mort.
60 ans jour pour jour après l'entrée, presque par hasard, de l'Armée rouge à Auschwitz, environ 10 000 personnes étaient présentes, dans le froid, sous la neige, dans la petite ville polonaise. Parmi elles, 2 500 rescapés, une cinquantaine de vétérans soviétiques et 44 dirigeants du monde entier.
Politiques, juifs et tziganes
Premier à monter à la tribune : Wladyslaw Bartoszewski, prisonnier politique polonais n° 4 427 et ancien ministre des Affaires étrangères, qui parlait au nom des victimes non-juives. A sa suite : Simone Veil, détenue numéro 78 651, représentante des victimes juives.
"Aujourd'hui, 60 ans après, un nouvel engagement doit être pris pour que les hommes s'unissent au moins pour lutter contre la haine de l'autre, contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre l'intolérance" a lancé l'ancienne ministre de la Santé. "C'est ici, où le mal absolu a été perpétré, que la volonté doit renaître d'un monde fondé sur le respect de l'homme et de sa dignité, pour qu'enfin le 'plus jamais ça' devienne réalité dans "un monde fraternel" a-t-elle ajouté. Romani Rose, président du Conseil des Roms d'Allemagne, a enfin parlé pour les Tziganes -20 000 sont morts à Auschwitz.
Jean-Marie Lustiger, cardinal archevêque de Paris, a pris le relais pour lire un message du pape. Jean-Paul II a appelé le monde à ne pas céder aux idéologies justifiant le racisme ou le terrorisme en affirmant qu'Auschwitz, "un crime qui marque pour toujours l'histoire de l'humanité", sonne comme "un avertissement".
Prières
Le président polonais Aleksander Kwasniewski, en tant qu'hôte, puis Vladimir Poutine, le président russe, en tant que libérateur, sont alors montés chacun leur tour à la tribune. Moshe Katzav, le président israélien, a conclu les discours des chefs d'Etat. "Le monde savait que les Juifs d'Europe étaient exterminés et a continué à ignorer. Le monde est resté muet" a-t-il déploré.
La cérémonie s'est poursuivie avec la sonnerie du Shofar, corne qui retentit à l'occasion de la
nouvelle année juive ou de tout événement exceptionnel, qui a précédé plusieurs prières oecuméniques. Les dirigeants des 44 pays ont alors allumé un par un des bougies devant le momument international aux victimes.
A 17h35, alors que la nuit était tombée, après presque trois heures de grande émotion, la cérémonie s'est terminée sur un nouveau sifflement de train. Les feux de bengale qui l'accompagnaient symbolisaient la fumée des locomotives.
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