© INTERNELe début de détente entre les autorités israéliennes et palestiniennes semble remis en cause, selon les télévisions israéliennes. Vendredi, affirment-elles, Ariel Sharon a gelé jusqu'à nouvel ordre tous les contacts officieux qui avaient été noués avec les Palestiniens, notamment depuis l'élection, dimanche dernier à la présidence de l'Autorité palestinienne, de Mahmoud Abbas, partisan de la fin de l'Intifada armée. La deuxième chaîne de télévision israélienne a également indiqué que l'armée israélienne, qui avait déjà fermé jusqu'à nouvel ordre les passages frontaliers reliant la bande de Gaza à l'extérieur, avait reçu "carte blanche" pour y lancer une "vaste opération" contre les groupes armés palestiniens.
A l’origine de cette rupture des contacts et de cette nouvelle opération : une attaque menée jeudi soir par trois Palestiniens au point de passage de Karni, entre Israël et la bande de Gaza. Six civils israéliens ont été tués. Quatre d'entre eux étaient des employés chargés de l'inspection des marchandises, les deux autres des camionneurs arabes israéliens. L'attentat, qui a fait aussi cinq blessés et coûté la vie à ses trois auteurs, est le plus meurtrier depuis l'élection présidentielle palestinienne. Cette action, en rupture nette avec la volonté affichée par Mahmoud Abbas de reprise du dialogue avec Israël, a été revendiquée par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas, et les Brigades Salaheddine, branche armée des Comités de résistance populaire, qui regroupent dans la bande de Gaza les principaux mouvements palestiniens.
"Ne pas se borner à des condamnations du terrorisme"
Mahmoud Abbas a condamné l'attaque en affirmant que "cette opération et celles de l'armée israélienne, qui a tué neuf Palestiniens la semaine dernière, ne contribuent pas au processus de paix". "Nous nous sommes engagés dans le processus de paix et nous appliquerons notre propre programme de campagne", a-t-il assuré.
Une condamnation qui n’a pas empêché les critiques israéliennes envers le nouveau président de l’Autorité palestinienne. Le colonel Yoav Mordechaï, responsable des liaisons avec les forces de sécurité palestiniennes pour les points de passage entre Israël et les territoires palestiniens, a affirmé ne voir en matière de sécurité "aucune mesure prise par les Palestiniens". Mahmoud Abbas "ne peut pas prétexter qu'il est trop tôt pour prendre des mesures, alors qu'il assure l'intérim depuis la mort de Yasser Arafat", a affirmé le militaire. Meir Sheetrit, ministre israélien des Transports, a jugé pour sa part que Mahmoud Abbas "ne peut se borner à des condamnations du terrorisme et doit prendre des actions très fermes" pour empêcher les attentats.
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