Proche-Orient : la tension monte

Par D.S. (avec AFP), le 08 janvier 2005 à 15h44 , mis à jour le 08 janvier 2005 à 17h51

La radio algérienne a été empêchée de couvrir le scrutin, deux journalistes espagnols ont été brièvement enlevés dans le sud de la bande de Gaza. L'Autorité palestinienne a accusé Israël de ne rien faire sur le terrain pour faciliter la tenue de l'élection présidentielle qui doit se tenir dimanche.

Barrage israélien

A quelques heures du scrutin présidentiel palestinien, alors que les journalistes du monde entier affluent dans la région, la radio algérienne s'est vu signifier vendredi le refus des autorités israéliennes de laisser ses journalistes couvrir l'élection. Samedi, deux journalistes du quotidien espagnol El Pais ont été brièvement enlevés par des hommes armés près d'un barrage militaire israélien près de Khan Younès dans la bande de Gaza. Les deux reporters ont été relâchés peu après.

Ces dernières heures, la tension a grimpé d'un seuil. Vendredi, un soldat israélien a été tué dans une attaque palestinienne en Cisjordanie, revendiquée par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé lié au mouvement Fatah, la principale composante de l'OLP de Mahmoud Abbas. Le lendemain, Israël a menacé de reprendre ses opérations militaires dans les secteurs autonomes. Consigne a en effet été donnée aux militaires d'adopter un profil-bas pendant le week-end du scrutin et de faciliter les déplacements de la population durant les opérations de vote.

"Barrage toujours présents"

Toutefois, samedi, l'Autorité palestinienne a accusé Israël de ne rien faire sur le terrain pour faciliter la tenue de l'élection. "La situation sur le terrain est toujours la même. Rien n'a changé et les barrages sont toujours là", a déclaré le ministre palestinien en charge des Négociations, Saëb Erakat, qui a appelé le peuple palestinien à "braver ces conditions difficiles et à voter en masse en dépit de tout ce que fait Israël".

Pour ses derniers jours de campagne, Mahmoud Abbas, donné largement vainqueur par les sondages, a tenté de couper l'herbe sous le pied de ses opposants extrémistes en durcissant le ton à l'égard d'Israël. Vendredi soir, se résignant à ne pas rejoindre Jérusalem-est, il a toutefois promis à ses partisans "de créer un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale". "Al-Quds (Jérusalem-est) est à nous", a-t-il lancé devant quelque 2000 personnes.

(Image : à un barrage israélien samedi matin)

Par D.S. (avec AFP) le 08 janvier 2005 à 15:44
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