"Le retour des touristes est vital"

Par , le 13 janvier 2005 à 16h47 , mis à jour le 13 janvier 2005 à 11h53

Pour les îles relativement épargnées par le tsunami, la désaffection touristique représente une grave menace. "Si les touristes ne reviennent pas, on court à la catastrophe économique" prévient Laurent Pinci, le directeur d'un centre de plongée de Koh Lanta.

plage koh lanta

Laurent Pinci est installé depuis 2001 à Koh Lanta, où il dirige un club de plongée. L'île a été relativement épargnée par le tsunami, au contraire de sa voisine Phi Phi, totalement ravagée à moins de 5 kilomètres. Mais, alors que ses infrastructures sont désormais opérationnelles, elle subit de plein fouet la désaffection touristique. Laurent Pinci lance un cri d'alarme.

tf1.fr : Comment avez-vous personnellement vécu le tsunami ?
Laurent Pinci :
Nous étions en mer, avec une vingtaine de clients, à environ deux milles au large de Phi Phi. En surface, nous avons noté un courant bizarre, beaucoup plus fort que d'habitude. Au fond, les plongeurs, ballottés et sans aucune visibilité, ont été très dispersés. Mais nous avons pensé que c'était dû à la pleine lune. Nous n'avons pas imaginé qu'il s'agissait d'un tsunami. On l'a appris une vingtaine de minutes plus tard, en rentrant sur Koh Lanta. L'accès au port était d'ailleurs encore interdit quand nous sommes arrivés.

tf1.fr : Quels dégâts sur Koh Lanta ?
L.P. :
Contrairement ce qui a été indiqué et qui l'est encore parfois, l'île a été relativement peu touchée par la vague. Les gens se sont rapidement réfugiés sur les hauteurs, et il n'y a eu "que" onze victimes (neuf Thaïlandais et deux touristes) et non pas 500 comme je l'ai parfois entendu. D'un point de vue matériel, sur les plages, les restaurants, bars et bungalows ont effectivement été touchés, mais les destructions ont été limitées.

"Aujourd'hui, tout est normal ici"

tf1.fr : L'île a-t-elle été nettoyée depuis ?
L.P. :
Oui, tout le monde s'est organisé et on s'est tous montré solidaire, les Thaïlandais comme les étrangers. Et comme les dégâts étaient limités, le nettoyage s'est effectué très vite. Aujourd'hui, tout est quasiment normal, comme c'était le cas le 26 décembre au matin. Un exemple : sur 150 résidences, à peine dix ne sont pas opérationnelles. Les plages sont également totalement propres, il n'y a aucun risque d'épidémie, tous les clubs de plongée sont ouverts.

tf1.fr : Mais vous craignez une désaffection.
L.P. : Tout à fait. En ce moment, il n'y a absolument personne. A force d'entendre que la baie d'Andaman est sinistrée, les touristes préfèrent d'autres destinations, notamment le golfe de Thaïlande. Je les comprends. Mais si les gens ne reviennent pas, c'est une autre catastrophe, économique, qui attend l'île. Et elle sera bien plus importante que celle causée par le raz-de-marée. 25 000 personnes dépendent de l'industrie touristique à Koh Lanta. Prenez l'exemple d'un pêcheur qui a perdu son bateau et dont la femme travaille dans un complexe hôtelier. Ils n'ont plus rien actuellement pour faire vivre leur famille. Si les Européens veulent aider, il faut qu'ils reviennent.

(photo : une plage de Koh Lanta)

Par Fabrice Aubert le 13 janvier 2005 à 16:47
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