Le scandale des sévices atteint le contingent danois

le 21 janvier 2005 à 17h14 , mis à jour le 21 janvier 2005 à 22h44

Cinq gradés du contingent danois en Irak vont être bientôt jugés pour "traitement incorrect" de détenus irakiens. Au centre du scandale : les méthodes d'interrogatoire d'Annemette Hommel, capitaine de réserve du service de renseignement militaire.

[Expiré] [Expiré] irak_femme_soldat_danoise © AFP

Cette jeune femme au regard paisible se nomme Annemette Hommel. Elle fait partie des militaires danois déployés en Irak (525 soldats au total, dont 500 sont stationnés à Bassorah sous commandement britannique), et elle est au centre d'un scandale qui éclabousse toute l'armée danoise. L'affaire rappelle étrangement celle de Lynndie England, cette femme-soldat américaine accusée d'avoir torturé des prisonniers irakiens.

Après l’armée américaine et l’armée anglaise, c’est en effet au tour du contingent danois de faire face à une affaire de mauvais traitements sur des prisonniers irakiens. Cette jeune femme officier et quatre sous-officiers danois, stationnés en 2004 en Irak, vont être jugés pour "traitement incorrect" de détenus et "grave manquement à leurs devoirs", a annoncé vendredi le corps des inspecteurs du ministère de la Défense. Ils sont passibles selon l'article 15 de la loi militaire d'une peine allant jusqu'à un an de prison. Cet article porte sur la protection des personnes civiles en temps de guerre, relatif notamment aux Conventions de Genève.

Annemette Hommel, capitaine de réserve du service de renseignement militaire, est accusée notamment d'avoir en trois occasions, en mars, avril et juin 2004, obligé des détenus à des positions pénibles lors des interrogatoires et refusé de leur donner à boire et d'aller aux toilettes. "Elle a exigé au cours des interrogatoires de prisonniers qu'ils se mettent à genoux, le dos droit, laissant un soldat les maintenir par la force dans cette position" selon l'acte d'accusation. Cet officier a en outre "instruit les membres de la police militaire qui gardaient les prisonniers de les faire asseoir dans des positions stressantes (douloureuses, selon les experts) dans le camp en attendant leurs interrogatoires". En deux occasions, Annemette Hommel, a proféré des propos dégradants, qualifiant les prisonniers interrogés de "chiens, porcs..." et a dit à l'un d'entre eux "qu'on allait peut-être le tuer".

Le commandant du camp sur la sellette

Les quatre sous-officiers, sergents de la police militaire, dont les identités n'ont pas été révélées, sont inculpés des mêmes chefs d'accusation pour des actes commis au mois de mars seulement. L'un d'entre eux est accusé également d'avoir laissé les détenus à l'extérieur, la nuit, dans le froid, sans leur donner de couvertures. Deux des accusés sont en outre poursuivis pour avoir traîné de manière violente un prisonnier jusqu'à la tente d'interrogatoire du camp où il s'était retrouvé avec son pantalon baissé aux chevilles.

Les inculpés qui étaient stationnés au Camp Eden près de Bassorah, ont été rappelés au Danemark. Le commandant du camp, le lieutenant-colonel Henrik Flach, a été rappelé également à la suite de cette affaire pour "fautes de jugement" et pour "n'avoir pas réagi" face aux méthodes de ses subordonnés. Il "n'est pas encore disculpé", a affirmé Peter Otkin, membre de la commission d'enquête.

Revendications de meurtres

Le groupe Ansar al-Sunna a affirmé qu'il avait "sacrifié" un Britannique et un Suédois en Irak, après avoir revendiqué la veille leur assassinat, dans un communiqué publié vendredi sur un site internet islamiste et qui lui est attribué. Les deux hommes ont été exécutés, au moment où les musulmans du monde entier "cherchent à se rapprocher de Dieu par le sacrifice", ajoute le communiqué, qui ne peut être authentifié, en allusion à l'Aïd al-Adha, la plus importante fête du calendrier musulman, célébrée jeudi par les sunnites et lors de laquelles les fidèles sacrifient traditionnellement un mouton. Le groupe du Jordanien Al-Zarqaoui a également mis en ligne vendredi une vidéo montrant la décapitation de deux Irakiens qui avaient "avoué" travailler dans une base américaine à l'ouest de Bagdad.

Photo d’ouverture : Annemette Hommel, officier danois du contingent déployé en Irak, accusée de mauvais traitements sur des détenus irakiens - AFP

le 21 janvier 2005 à 17:14
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