Shirin Ebadi refuse de se présenter devant la justice iranienne

le 13 janvier 2005 à 10h44 , mis à jour le 15 janvier 2005 à 16h47

La première Iranienne lauréate du prix Nobel de la paix en 2003 a refusé samedi de se présenter devant le juge. Selon elle, la citation à comparaître omet de préciser les charges retenues à son encontre.

Photo AFP © INTERNE

Shirin Ebadi, première femme musulmane et première Iranienne lauréate du prix Nobel de la paix en 2003 a refusé samedi de se présenter devant la justice iranienne. Selon elle, la citation à comparaître omet de préciser les charges retenues à son encontre.

L'avocate de 57 ans, défenseure des droits de l'homme, avait été sommée jeudi par la justice iranienne de se présenter devant un tribunal révolutionnaire chargé des délits relatifs à la sûreté de l'Etat, sous peine d'être arrêtée. Pourquoi Shirin Ebadi est-elle convoquée ? La Prix Nobel de la Paix 2003 explique qu'elle l'ignore. Et l'avocate, militante des droits des femmes et des enfants de souligner que "ses activités sont légales". Shirin Ebadi, est très mal vue du clergé chiite au pouvoir à Téhéran depuis qu'elle défend les opposants de premier plan.

Des dossiers sensibles

Tout en se gardant d'entrer en politique, Shirin Ebadi est impliquée dans plusieurs dossiers sensibles. Elle a notamment accepté de défendre la famille de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, morte d'hémorragie cérébrale en prison en Iran après avoir reçu un coup sur la tête. En août dernier, elle a critiqué le non-lieu prononcé dans ce procès comme étant "l'exemple même l'intervention du politique dans le judiciaire". Ces derniers mois, elle a accepté le dossier du journaliste dissident Akbar Ganji, emprisonné depuis 2.000 ou encore d'Ebrahim Yazdi, chef du Mouvement de la libération de l'Iran (MLI - opposition libérale), accusé de "tentative de renversement du régime" et de "propagande contre le régime".

En novembre dernier, elle a été empêchée d'organiser une manifestation contre les exécutions de mineurs. "J'ai demandé une autorisation pour le rassemblement et le bureau du gouverneur m'a dit oralement que la demande avait été rejetée car un texte de loi devait être présenté au Parlement pour faire cesser de telles exécutions et qu'un rassemblement ne s'imposait donc plus".

Shirin Ebadi a également heurté les sensibilités en réclamant, dès son retour en Iran après le Nobel, la libération des "prisonniers politiques" et un référendum sur l'avenir du pays, en se rendant aux Etats-Unis ou en se montrant à l'étranger la tête découverte. Le président réformateur iranien Mohammad Khatami a assuré aux journalistes qu'elle n'avait rien à craindre.

(photo d'archives : Shirin Ebadi)

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