© AFP PHOTO/DIARIO LA OPINION PERULe chef des 150 réservistes rebelles, Antauro Humala, qui occupent depuis samedi matin un commissariat de police à Anduhuaylas, une petite ville du sud-est du Pérou, et détiennent dix otages, a finalement affirmé dimanche soir qu'il était prêt à se rendre ce lundi à midi (17 GMT) "en présence du peuple". "Nous nous engageons à ne pas tirer à condition que les forces de l'ordre ne le fassent pas", a-t-il ajouté. Quatre policiers ont été tués dimanche lors d'une fusillade avec les rebelles occupants le commissariat, selon des sources hospitalières à Andahuaylas, où plus de 300 policiers fortement armés ont été envoyés en renfort.
Répondant à la proposition du chef ultranationaliste de se rendre, le premier ministre Carlos Ferrero a demandé aux réservistes de remettre leurs armes "le plus rapidement possible" en leur garantissant la vie sauve. Depuis samedi soir, l'état d'urgence a été proclamé par le président Toledo dans la province d'Apurimac, où se trouve la ville de 30.000 habitants, autorisant ainsi les forces armées à aider la police à rétablir l'ordre.
Antauro Humala (41 ans), commandant à la retraite appartenant au mouvement "Etnocacerista" (ultra-nationaliste), exigeait la démission du président Alejandro Toledo accusé de vendre le pays aux intérêts étrangers. Les ultra-nationalistes ont tenté d'entraîner la population d'Anduhuaylas mais sans grand succès.
Un national-indigénisme réclamant la "pureté de l'empire inca"
Le Mouvement "Etnocacerista", aussi extrémiste que minoritaire, revendique pêle-mêle la "pureté de l'empire inca", réclame le retrait des interêts chiliens du Pérou et affirme vouloir "fusiller les traîtres et les corrompus". Le groupe tire son nom d'un général-président du Pérou, qui lutta farouchement contre l'armée chilienne pendant et après la guerre du Pacifique perdue par le Pérou en 1879. Ce national-indigénisme à forte tonalité militariste est alimenté par le mécontentement des jeunes au chômage et des paysans pauvres des régions reculées des montagnes andines. Le mouvement a adopté le drapeau inca ainsi qu'une bannière rouge portant dans un cercle blanc une croix inca noire (chakana) surmontée d'un aigle rappelant singulièrement les emblèmes nazis.
Deux frères, anciens élèves du lycée franco-péruvien de Lima, dirigent le mouvement "Etnocaceriste". Antauro et Orilla Humala, militaires passés à la retraite, ont mené en 2000 le soulèvement d'une garnison militaire contre le gouvernement du président Alberto Fujimori.
Photo d’ouverture : le chef du groupe rebelle "Etnocaceriste", Antauro Humala, haranguant la population dans la petite ville péruvienne d’Andahuaylas - AFP PHOTO/DIARIO LA OPINION PERU
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