100 000 Libanais dans les rues

le 22 février 2005 à 07h21 , mis à jour le 22 février 2005 à 07h24

Des dizaines de milliers de Libanais se sont rassemblés lundi en mémoire de Rafic Hariri, assassiné lundi dernier, et pour demander à la Syrie de partir. La Syrie a affirmé sa volonté de poursuivre son retrait du Liban.

Liban manif Hariri Beyrouth © LCI
  •  Marée humaine place des Martyrs 

Plus de cent mille Libanais se sont rassemblés lundi après-midi sur la Place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, sur les lieux où a été inhumé l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, une semaine après son assassinat. "La Syrie dehors ! Nous ne voulons d'autre armée que l'armée libanaise ! Ecoute, écoute Bachar (le président syrien Bachar al-Assad), nous ne voulons pas de République sous la botte syrienne", scandait la foule. Une trentaine de députés de l'opposition se sont recueillis près de la sépulture, ornée d'un monceau de fleurs et de cierges allumés, et ont entonné l'hymne national. "Voici ce Liban qu'ils ont tenté de détruire, ce Liban chrétien et musulman que nous voulons", a déclaré le député Boutros Harb, un des ténors de l'opposition parlementaire. Il a réitéré l'engagement de l'opposition de se rassembler chaque soir sur ces mêmes lieux jusqu'à ce que la vérité se fasse sur l'attentat qui a coûté la vie le 14 février à Rafic Hariri.

  • L'opposition obtient un débat au parlement 

Les députés de l'opposition semblaient avoir gagné une manche lundi dans leur combat contre le pouvoir en place. Ils ont obtenu du président du Parlement libanais, Nabih Berri, l'accord de principe sur un débat sur l'assasssinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. La date est fixée au 28 février prochain. Le chef du Parlement a par ailleurs décidé que l'Assemblée "se constituera partie civile" dans l'affaire de l'assassinat. L'opposition demande entre autres le départ du gouvernement d'Omar Karamé qu'elle accuse d'être responsable "au moins par omission" de l'assassinat de Rafic Hariri.

  • Le président syrien prêt à « poursuivre le retrait du Liban »

Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a déclaré lundi à la presse à Damas que le président syrien Bachar al-Assad voulait appliquer l'accord interlibanais de Taëf et "poursuivre le retrait du Liban" conformément à cet accord. "Le président Assad a affirmé plus d'une fois, dans son entretien, sa ferme volonté de poursuivre l'application de l'accord de Taëf et de réaliser un retrait syrien du Liban conformément à cet accord", a dit Moussa à l'issue d'une entrevue avec Assad. "Des mesures dans ce sens vont être prises prochainement", a-t-il poursuivi sans autres précisions.

L'accord de Taëf (1989), qui a mis fin à la guerre civile au Liban (1975-1990), prévoit un repli syrien en 1992 dans l'est du Liban et stipule un accord ultérieur sur des points de stationnement d'unités syriennes assorti d'un calendrier pour un retrait total. epuis l'assassinat de M. Hariri, la communauté internationale et l'opposition libanaise ont accentué leurs pressions sur la Syrie pour que celle-ci retire les quelque 14.000 soldats qu'elle maintient au Liban et cesse de s'ingérer dans les affaires intérieures de son petit voisin.

Photo : des milliers de libanaisont rendu hommage à Hariri, lundi après-midi à Beyrouth (dr)

le 22 février 2005 à 07:21
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