L'avertissement de Sharon aux Palestiniens

Par A.Ga. (avec AFP), le 27 février 2005 à 17h24 , mis à jour le 27 février 2005 à 20h19

Le premier ministre israëlien a sommé dimanche l'Autorité palestinienne de "combattre le terrorisme" et a mis en cause la Syrie après l'attentat commis vendredi à Tel-Aviv. Le ministre syrien des Affaires étrangères a nié toute implication de son pays et a insinué un rôle d'Israël dans l'attaque suicide.

sharon © DR

Une mise en garde formulée avec retenue. L'Autorité palestinienne "doit agir fermement contre le terrorisme et, si elle ne le fait pas, il n'y aura pas de progrès politique" dans les négociations, a averti dimanche le Premier ministre israélien Ariel Sharon.

Son gouvernement, réuni en séance hebdomadaire, discutait des réactions à l’attentat, perpétré vendredi à Tel-Aviv par un kamikaze du Jihad islamique. L’attaque suicide a tué quatre personnes et en a blessé une cinquantaine devant une discothèque.

La libération de prisonniers remise en cause

Israël a transmis au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas une liste d'activistes palestiniens recherchés, dont des membres du Jihad, et attend qu'ils soient arrêtés, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, cité par la radio militaire. Un avertissement clair mais sans stigmatisation comme au temps du président Yasser Arafat. Aucune opération militaire n’est à l’ordre du jour.

Le ministre de la Justice a toutefois informé dimanche qu’Israël allait reconsidérer la libération promise de 400 prisonniers palestiniens. Ariel Sharon s'est engagé à libérer plusieurs centaines de prisonniers palestiniens après la proclamation solennelle d'une trêve avec le président palestinien Mahmoud Abbas lors du sommet de Charm el Cheikh le 8 février.

"La main d’Israël derrière l’opération"

Ariel Sharon, dont c’était la première réaction depuis l’attentat a pointé un doigt accusateur sur la Syrie. Le ministre israélien de la Défense avait affirmé samedi détenir des preuves d’une implication syrienne et il a promis que ces preuves seraient remises à d’autres pays, notamment la France et les Etats-Unis, selon une source gouvernementale. Le "numéro deux" du gouvernement, Shimon Peres, a lui aussi accusé la Syrie "d'implication directe ou indirecte" dans l'attentat.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Farouk al-Chareh a rejeté dimanche du Caire les accusations israéliennes en affirmant qu'elles "ne reposaient sur aucune preuve". Et d’insinuer une éventuelle implication d’Israël dans l’attentat. "La Syrie a tendu la main à la paix. Elle a aidé le peuple palestinien à unifier ses rangs pour pouvoir relancer le processus de paix. C'est cette unité palestinienne qui a effrayé Israël", a-t-il ajouté. "Je n'écarte pas, mais sans avoir de preuves, que la main d'Israël soit derrière l'opération perpétrée qui visait à briser l'unité nationale palestinienne", a ajouté le ministre. Depuis vendredi, la police israélienne a été placée en état d'alerte, particulièrement dans la région de Tel-Aviv, de crainte de nouveaux attentats.

(Ariel Sharon dimanche 27 février/DR)

Par A.Ga. (avec AFP) le 27 février 2005 à 17:24
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