© INTERNECe sont de nouveaux éléments qui pourraient coûter cher à Silvio Berlusconi. D’après le quotidien italien Corriere della Sera de jeudi la justice italienne a recueilli plusieurs témoignages à charge contre le chef du gouvernement. Le Premier ministre de la péninsule est soupçonné d'évasion fiscale et d'abus de biens sociaux dans une affaire d'achats de droits cinématographiques.
Parmi les différents témoignages, celui du Britannique David Mills, homme de loi de Silvio Berlusconi pendant plusieurs années et mari de la ministre britannique de la Culture Tessa Jowell. Il a révélé jeudi dans le quotidien Guardian qu'il pourrait comparaître en justice en Italie avec le chef du gouvernement italien. Les autres proviennent de hauts responsables de Fininvest, la holding de M. Berlusconi, dont Livio Gironi, ex-trésorier.
280 millions d’euros
La justice soupçonne Silvio Berlusconi et treize autres personnes d'avoir soustrait des caisses de Mediaset, le groupe télévisé du chef du gouvernement italien, 280 millions d'euros en faveur de ses deux aînés, Piersilvio et Marina, à travers des sociétés écrans off-shore. "Les bénéficiaires économiques des sociétés Accent et Timor étaient respectivement Marina et Piersilvio Berlusconi. Les nouveaux noms (des deux sociétés, ndlr) Century One et Universal One nous ont été suggérés par des personnes de Fininvest", affirme M. Mills, placé sous enquête, dans un procès-verbal cité par le Corriere della Sera.
Ces deux sociétés off-shore représentent les "coffres-forts" de la famille Berlusconi, selon le journal. David Mills s'est occupé des documents nécessaires à la création de ces sociétés sur instruction de Livio Gironi, le trésorier de Fininvest. "Je savais que Livio Gironi était directement lié à Silvio Berlusconi, qu'il était l'homme qui gérait son patrimoine personnel. J'ai préparé les documents en suivant les instructions de Gironi. Ce fut lui qui m'a dit que les enfants en seraient les bénéficiaires mais que la gestion courante devait être toujours sujette à l'accord de Silvio Berlusconi", déclaré M. Mills.
Transférer une partie du patrimoine
M. Gironi, interrogé par la justice, affirme: "je me souviens, c'était vraisemblablement en 1990, on commença à réfléchir au sein de la famille Berlusconi au transfert d'une partie du patrimoine aux deux premiers enfants. Je suis sûr d'en avoir parlé avec Silvio Berlusconi en personne et peut-être avec sa mère", dit-il dans un procès-verbal cité par le quotidien La Repubblica.
La suppression des impôts sur la succession a été une des premières mesures prises par le gouvernement de M. Berlusconi après sa victoire aux élections législatives en mai 2001. Le chef du gouvernement italien, qui a été blanchi des accusations de corruption dans un procès en décembre, est maintenant poursuivi pour avoir soustrait environ 60 millions d'euros (80 millions de dollars) au fisc dans un autre procès.
(Image. Berlusconi/archives/DR)
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