Betancourt, otage depuis trois ans

le 23 février 2005 à 10h32 , mis à jour le 24 février 2005 à 11h57

La sénatrice franco-colombienne entame aujourd'hui sa quatrième année comme otage des forces armées révolutionnaires de Colombie. Le gouvernement français, qui poursuit les négociations, rappelle la nécessité de la "discrétion" dans ce genre d'affaire.

manifestation pour ingrid betancourt à paris © INTERNE

C'est un triste anniversaire. Ingrid Betancourt entame ce mercredi sa quatrième année de détention. Cette franco-colombienne de 43 ans, ancienne candidate des Verts à la présidence en Colombie, a été enlevée il y a 3 ans par les forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla  marxiste). Depuis, elle est retenue cachée quelque part dans la jungle. A Paris, son portrait a été de nouveau installé devant l'Hôtel de Ville "afin de lui manifester la solidarité des Parisiennes et des Parisiens".

Dans la capitale française, mais aussi à Madrid, Dublin ou San Francisco, où les proches de la sénatrice ont appelé une fois encore à sa libération et à celle de tous les otages de la guérilla. "Le 23 février 2005, Ingrid Betancourtet Clara Rojas commenceront leur quatrième année de détention aux mains de la guérilla des FARC en Colombie", écrit la fédération des comités de soutien dans un communiqué. "Pour elles, tout comme pour les plus de 3.000 autres otages, civils ou militaires, hommes, femmes, vieillards et plus de 400 enfants qui croupissent dans la jungle entre les mains de leurs tortionnaires, l'espoir d'une libération prochaine n'a jamais paru aussi éloigné", ajoute-t-elle.

Le gouvernement et la guérilla affirment tous deux être favorables à un échange de prisonniers mais s'opposent toujours sur ses modalités, ce qui laisse penser à la famille d'Ingrid Betancourt que les deux camps sont peu enclins à négocier. Mardi, le quotidien colombien El tiempo a soutenu que le gouvernement français menait des négociations secrètes avec les dirigeants pour obtenir sa libération. Réagissant par communiqué à cette information, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a rappelé la nécessité de la "discrétion" dans toutes les affaires d'otages. "Dans l'affaire d'Ingrid Betancourt, comme dans toutes les affaires d'otage,  c'est la discrétion qui doit prévaloir, car elle est la garantie de la sécurité  des personnes concernées", explique Hervé Ladsous. "J'ajouterai simplement que tout ce qui a été entrepris par notre pays dans cette affaire est connu des autorités colombiennes", conclut-il.

le 23 février 2005 à 10:32
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