© DROn s'attendait à un sommet délicat, il fut glacial. L'avant-sommet Bush/Poutine de Bratislava avait été tendu par l'insistance du président américain lors de sa semaine européenne à voir les pays de l'ex-URSS basculer dans le camp des démocraties pro-occidentales. Et ça n’a pas manqué. Le président américain a fait part de sa "préoccupation" à son homologue russe Vladimir Poutine concernant la conception de la démocratie de Moscou. "Les démocraties reflètent toujours la culture et les traditions d'un pays, je le sais, mais elles ont certaines choses en commun: elles ont l'Etat de droit, la protection des minorités, une presse libre et une opposition politique viable", a dit le président américain.
Le président Poutine de répliquer que "la démocratie ne doit pas conduire à la destruction de l'Etat et à l'appauvrissement de la population". "La démocratie, ce n'est pas l'anarchie et le tout-permis", a déclaré Vladimir Poutine, visiblement tendu, devant la presse. Le président russe a cependant assuré que la Russie ne comptait pas retourner à la dictature qu'elle a connue jusqu'au début des années 90. "Il n'y a pas de retour en arrière et il ne peut y en avoir", a dit Vladimir Poutine.
La Russie bientôt dans l'OMC
Les deux puissances se sont tout de même mises d’accord pour développer leurs efforts pour lutter contre les risques de terrorisme nucléaire. "Nous avons une responsabilité particulière quant à la sécurité des armes nucléaires et des matières fissiles, pour faire en sorte qu'il n'existe aucune possibilité que de telles armes ou matériaux tombent dans les mains de terroristes", dit la déclaration. Selon un rapport de la CIA au Congrès américain, des vols de matériaux nucléaires dans les nombreux complexes russes "ont eu lieu" et les centrales nucléaires de Russie sont vulnérables à des attaques terroristes. L'arsenal russe est actuellement estimé à environ 4.000 têtes nucléaires opérationnelles déployées sur des missiles balistiques intercontinentaux en mer ou sur terre et sur des bombardiers stratégiques. Moscou dispose aussi de plusieurs milliers d'ogives non-stratégiques en stocks, ainsi que d'un réseau de production et de recherches, qui traite régulièrement des matières fissiles, selon des responsables américains.
Les Etats-Unis se sont également engagés à coopérer avec la Russie pour la faire entrer cette année dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette entrée est pour le président russe un objectif prioritaire, alors que la Russie est le seul grand pays à ne pas en être membre. Candidate depuis 1994, la Russie a accéléré ses négociations ces derniers mois. Les pourparlers russo-américaines sont particulièrement difficiles dans les secteurs des services, de l'aéronautique civile et surtout de la protection de la propriété intellectuelle (musique, informatique, cinéma). Les autorités russes ont du mal à enrayer une industrie de la contrefaçon particulièrement riche et dynamique.
Pour George W. Bush, le sommet dans la capitale slovaque était la dernière étape d'une tournée de quatre jours en Europe, surtout destinée à sceller une réconciliation avec l'Union européenne après les querelles sur l'Irak.
(Bush et Poutine jeudi à Bratislava)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




