Bush-Poutine, face à face tendu

Par Christophe ABRIC, le 23 février 2005 à 20h45 , mis à jour le 24 février 2005 à 16h54

George W. Bush termine ce jeudi sa tournée européenne par une rencontre avec le président Russe. Ces derniers jours, certaines remarques de Bush sur la démocratie en Russie ont agacé son homologue.

poutine et bush © INTERNE

Après avoir passé plusieurs jours à donner des signes de sa volonté de réconciliation, George W. Bush risque de terminer sa tournée européenne sur une note moins amicale. Le président américain est arrivé mercredi soir à Bratislava, où il rencontrait jeudi après-midi son homologue russe, Vladimir Poutine.  Depuis mardi, la tension montait entre les deux dirigeants.

Lundi, dans un discours prononcé à Bruxelles, George W. Bush a ainsi sommé la Russie de "réaffirmer son engagement en faveur de la démocratie et de l'Etat de droit" si elle compte "progresser en tant que nation européenne". "J'ai une très bonne relation personnelle avec le président Poutine. Et c'est important. C'est important car cela me permet et à mon pays de (lui) rappeler que les démocraties sont fondées sur l'Etat de droit, le respect des droits de l'Homme et de la dignité humaine, et la liberté de la presse", a précisé le président américain.

Vladimir Poutine n'a visiblement pas apprécié ces remarques sur la façon de gérer son pays. "La Russie a fait son choix il y a 14 ans en faveur de la démocratie - et pas pour être agréable à quiconque", a-t-il répondu mardi. Selon lui, "les principes de la démocratie doivent être adaptés aux réalités de la vie russe contemporaine, à nos traditions et à notre histoire, et nous allons le faire nous-mêmes".

Bref, des remarques de ce genre ne doivent pas servir à "faire de la Russie quelque chose d'amorphe du point de vue de la structure étatique, pour manipuler d'une manière ou d'une autre un pays aussi grand et important pour les relations internationales".

Les deux hommes devraient cependant se montrer bienveillants l'un envers l'autre. Poutine a ainsi ajouté qu'il considérait "Bush comme son ami" et que les relations russo-américaines "n'ont probablement jamais été à un niveau plus élevé qu'aujourd'hui". Mais aussi : "nous partons du principe qu'un regard extérieur bienveillant, même critique, ne nous sera pas inutile, et ne fera que nous aider", même si "dans les pays de la prétendue démocratie développée, il y a là aussi beaucoup de questions et de problèmes".

Les deux pays doivent signer jeudi un accord sur le contrôle des missiles portatifs sol-air. Dorénavant, les deux parties s'informeront mutuellement sur leurs ventes de ce type d'armements.

Par Christophe ABRIC le 23 février 2005 à 20:45
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