Chirac-Bush : détente crispée

le 22 février 2005 à 09h58 , mis à jour le 22 février 2005 à 10h32

Le président américain a retrouvé mardi matin à Bruxelles l'ensemble des dirigeants européens pour un double sommet de l'Otan, puis de l'UE. Hier, Jacques Chirac et George W. Bush ont souhaité mettre en avant leur bonne entente, malgré quelques crispations persistantes.

Bush Chirac 21 février 2005 à BruxellesLe Président Bush a accueilli son homologue français lundi soir pour un bref entretien avant un dîner de travail. Au menu : Irak, Syrie, Iran, Liban... © LCI

Au deuxième jour de sa visite en Europe, George W. Bush a retrouvé ce matin à Bruxelles les autres dirigeants des 26 pays membres de l'Otan pour une réunion au sommet. Il devrait enchaîner avec un autre sommet, de l'Union européenne cette fois. Lundi, le président américain a passé la soirée avec son homologue français, à la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles. Au programme : un entretien et un dîner de travail. Au menu : «french fries» et vin californien.

Souriants mais crispés

Installés côte-à-côte dans un grand salon, les deux hommes, mutuellement désireux de mettre de côté leur brouille sur l'Irak, sont apparus souriants mais un peu crispés. Devant la presse, ils ont fait assaut d'amabilité. "Chaque fois que je rencontre Jacques Chirac, il est de bon conseil", a affirmé George W. Bush. "Nous avons toujours eu des relations extrêmement cordiales" lui a répondu le président français, en assurant que les relations bilatérales et transatlantiques étaient "excellentes".

Les deux présidents ont cité les nombreux domaines dans lesquels Français et Américains coopéraient étroitement, qu'il s'agisse de l'Afghanistan, des Balkans, de la lutte contre le terrorisme ou même, selon M. Bush, de la lutte contre la faim et les maladies dans le monde. Pas une seule fois, devant les journalistes, le président américain n'a mentionné la guerre en Irak - principale pomme de discorde depuis 2002 entre les deux pays -, signe d'une volonté de ne pas rallumer les hostilités avec Chirac qui avait pris la tête du camp hostile à l'intervention américaine.

Le président français a toutefois admis qu'ils pouvaient avoir des "divergences de vues". "Nous en avons eu une récemment sur l'Irak. Nous l'assumons", a-t-il dit. Cette bonne entente apparente n'est toutefois pas allée jusqu'à une invitation du président américain à Chirac dans son ranch texan de Crawford. Interrogé pour savoir s'il l'inviterait prochainement, il a éludé la question et a répondu sous les éclats de rire : "je cherche un bon cow-boy".

Unicité sur le Liban et la Syrie

De fait, leur réconciliation est passée par la même volonté d'oeuvrer ensemble sur le dossier libanais. Au moment où ils dînaient ensemble, la Maison Blanche rendait publique une déclaration commune des deux présidents appelant implicitement au retrait "immédiat" de la Syrie du Liban. "Nous appelons à la mise en oeuvre complète et immédiate de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies dans tous ses aspects, y compris son appel à un Liban souverain, indépendant et démocratique", ont déclaré les deux hommes. Bush et Chirac "sont convenus de rester en contact permanent" sur cette question.

Jacques Chirac a par ailleurs demandé le soutien des Etats-Unis aux efforts diplomatiques des Européens pour s'assurer que l'Iran ne développe pas l'arme nucléaire. Il a aussi cherché à rassurer Bush sur la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, alors que Washington craint que cette mesure déstabilise la région.

le 22 février 2005 à 09:58
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