Chirac-Bush, les retrouvailles

le 21 février 2005 à 06h45 , mis à jour le 21 février 2005 à 21h54

Les deux présidents se sont retrouvés lundi soir à Bruxelles pour un bref entretien avant un dîner de travail. Les premiers contacts étaient souriants mais crispés.

Bush Chirac Bruxelles 21/02/05 poignée de mains © TF1

Le président américain George W. Bush a accueilli lundi soir à Bruxelles son homologue français pour un bref entretien suivi d'un dîner de travail. Installés dans un salon de la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis, entourés de leurs chefs de la diplomatie, Condoleezza Rice et Michel Barnier, les deux hommes, mutuellement désireux de mettre de côté leur brouille sur l'Irak, sont apparus souriants mais un peu crispés. 

Les dux chefs d'Etat  ont appelé au retrait "immédiat" de la Syrie du Liban. "Nous appelons à la mise en oeuvre complète et immédiate de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies dans tous ses aspects, y compris son appel à un Liban souverain, indépendant et démocratique", ont déclaré les deux hommes, dans une déclaration commune.

"Condi" a préparé le terrain

Cette rencontre doit sceller la réconciliation des deux hommes. Le président Chirac avait été le plus farouche opposant à la guerre en Irak en 2003, avec le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le président russe Vladimir Poutine. Jacques Chirac est néanmoins le dirigeant européen à qui le président Bush a prévu de consacrer le plus de temps - près d'une heure et demie - pendant son séjour à Bruxelles, marqué par un programme au pas de charge.

Et l''objectif global de la visite de George W. Bush en Europe, la première depuis sa réélection, s'applique particulièrement aux relations franco-américaines. Le passage de Condoleeza Rice à Paris il y a deux semaines a déjà préparé le terrain à cette embellie. Le changement de ton de la nouvelle secrétaire d'Etat, qui parlait de "surmonter les désaccords du passé" et d'"ouvrir un nouveau chapitre" dans les relations transatlantiques, a été unanimement salué. Cela semble confirmer que George W. Bush entend mettre à profit son second mandat pour se raccommoder avec ses anciens alliés de la "Vieille Europe", qu'il avait ignorés durant son premier mandat.

L'Irak, encore et toujours

Outre la Syrie et le Liban, les deux hommes devaient évoquer les efforts de paix au Proche-Orient, l'Iran et la menace nucléaire, la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine. Et le plat de résistance : l'Irak. La France a pris acte du fait qu'il est désormais vain de continuer à s'opposer à tout prix aux Etats-Unis sur le dossier. Cela s'est ainsi traduit par  son soutien aux élections du 30 janvier, par une offre de formation des forces de sécurité et par l'annulation de la plus grande partie de la dette irakienne. Paris reste néanmoins ferme sur un point : aucun soldat français ne sera déployé en Irak.

(photo : George W. Bush et Jacques Chirac à Bruxelles lundi soir )

le 21 février 2005 à 06:45
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