© afpLa phase active de la ratification de la Constitution européenne entre ce week-end dans sa phase active. Bien sûr, trois pays l'ont déjà ratifiée –Slovénie, Lituanie et Hongrie-, mais il s'agissait d'un vote du Parlement, sans aucun suspense.
Dimanche, les Espagnols sont donc les premiers à être appelés aux urnes pour dire "oui" ou "non" au projet préparé par Valéry Giscard d'Estaing. Leur choix n'est que consultatif, mais on voit mal le gouvernement passer outre un improbable vote négatif. Jose Luis Zapatero a d'ailleurs fait savoir que dans ce cas, le texte ne serait pas soumis aux députés. Mais avec une population europhile et les deux grands partis appelant au "oui", celui-ci devrait obtenir entre 70 et 80% des suffrages.
Zapatero joue sa crédibilité
Mais la vraie inquiétude du Premier ministre concerne la faible mobilisation attendue de ses 34,6 millions de concitoyens. Les sondages estiment que l'abstention pourrait atteindre près de 60%. Si telle était le cas, elle constituerait à elle seule un revers politique pour José Luis Zapatero, qui a pesé de tout son poids et de toute son influence pour convaincre les Espagnols de se déplacer. Le gouvernement a ainsi mené une vaste campagne d'information, distribuant gratuitement 6 millions d'exemplaires de la Constitution, et 20 millions de brochures explicatives. Pourtant, 59% des Espagnols en ont une "faible" ou "très faible" connaissance, et un tiers (31,9%) disent même en ignorer totalement le contenu.
Surtout, une abstention très importante ternirait la portée d'un vote-test pour l'UE où s'annoncent d'autres consultations à l'issue beaucoup plus incertaine, comme en France, au Royaume-Uni et en République tchèque. "Le référendum en Espagne est absolument fondamental. S'il se passe bien et si son résultat est positif, il pourrait faire boule de neige" estime le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Javier Solana. A contrario, "un résultat décevant jetterait une ombre sur l'ensemble du processus" estime le politologue Charles Powell, du Real Instituto Elcano.
(photo : Jose Luis Zapatero, en meeting pour le "si")
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