ETA frappe à Madrid

le 09 février 2005 à 10h07 , mis à jour le 09 février 2005 à 18h50

Une voiture piégée a explosé près du Palais des expositions Ifema, au Nord de la capitale espagnole, faisant 42 blessés légers. Le roi Juan Carlos devait y inaugurer une manifestation mercredi dans la soirée.

madrid attentat © DR

Un attentat à la voiture piégée a été commis mercredi près du centre des expositions Ifema, dans la périphérie nord de Madrid. 42 personnes ont été blessées. Elles ont été atteintes sans gravité, principalement par des éclats de verre. 24 sont des employés de l'entreprise Bull, la voiture ayant explosé près du siège madrilène de cette compagnie informatique française. Six blessés sont des policiers qui mettaient en place un cordon de sécurité.

Le roi Juan Carlos, accompagné du président mexicain Vicente Fox, devait inaugurer mercredi dans la soirée à l'Ifema la Foire d'Art contemporain ARCO. Le parc des expositions doit abriter neuf épreuves des Jeux Olympiques de 2012, selon le dossier de candidature de Madrid.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que le journal indépendantiste basque Gara avait reçu un peu auparavant un appel téléphonique anonyme au nom de l'organisation séparatiste basque ETA annonçant l'explosion d'une bombe à l'Ifema.

"Les bombes ne mènent nulle part"

Le Premier ministre José Luis Zapatero a condamné l'attentat. "Je voudrais dire aux terroristes d'ETA et à ceux qui les soutiennent qu'il n'y a pas de place pour eux en politique ou dans la société civile. Les bombes ne mènent nulle part ailleurs qu'en prison" a-t-il déclaré à Varsovie.

Le bras politique de l'ETA, le parti basque interdit Batasuna, s'est refusé à toute condamnation, alors que le gouvernement conditionne une amorce de négociations avec la mouvance basque radicale à un abandon des armes.

Cet attentat manifeste une nouvelle fois la volonté d'ETA de continuer ses attentats, en dépit des coups qui lui ont été portés en Espagne et en France. Il s'agit du troisième attentat d'envergure de l'ETA depuis que l'organisation clandestine a annoncé le 16 janvier sa "volonté absolue de s'impliquer" dans un règlement négocié du conflit basque avec le gouvernement.

Selon le quotidien madrilène ABC mercredi, l'ETA demande au gouvernement espagnol, comme condition à l'abandon des armes, une solution "satisfaisante" pour ses quelque 700 prisonniers. Le rapprochement des détenus de leur région d'origine est une revendication historique des prisonniers de l'organisation armée.

Vague d'interpellations

Une dizaine de personnes liées à ETA ont été interpellées ce mercredi au Pays basque, en Navarre, et à Valence au cours de la même opération antiterroriste. Ces personnes seraient liées à l'appareil logistique et de recrutement de l'organisation. Selon le ministère basque de l'Intérieur, l'intervention a provoqué pendant la nuit des incidents à Lekeitio, entre un groupe de personnes qui avait barré la route avec des conteneurs et la police régionale basque, la Ertzaintza.

Les interpellations sont le fruit de l'enquête ouverte après la saisie en décembre 2002 d'une importante documentation appartenant à Ibon Fernandez Iradi, dit "Susper", qui a déjà permis d'arrêter une centaine de personnes en Espagne et en France.

(Image : Madrid mercredi matin)

le 09 février 2005 à 10:07
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