© INTERNEQui mieux que la ministre pouvait résumer la portée symbolique de la réunion de l'Otan qui s'ouvre à Nice mercredi soir ? "C'est une première dans notre pays: un symbole d'une volonté de la France d'affirmer son rôle dans cette organisation avec laquelle elle conserve historiquement une certaine indépendance depuis son retrait en 1966 du commandement militaire intégré", a expliqué mardi Michèle Alliot-Marie dans un entretien à Nice-Matin.
Un avis partagé par la direction de l'Otan : la réunion "vient au bon moment", remarquait récemment à Paris le porte-parole du Secrétaire général de l'Organisation, James Appathuraï. "La France contribue beaucoup à l'Otan, et cela ne fait aucun débat dans les couloirs de l'Alliance", ajoutait-il face à la presse, jugeant "logique que la réunion ait lieu en France".
La France du général de Gaulle a quitté en 1966 la structure de commandement militaire intégré de l'Otan, au nom du principe de commandement national des forces. Paris rejetait ainsi le principe d'une automaticité de la participation française en cas d'agression du Pacte de Varsovie, et se réservait le libre choix national en matière d'utilisation de l'arme nucléaire. Depuis, il a fallu attendre 1995 pour qu'un ministre français de la Défense, Charles Millon, soit admis à une réunion formelle de l'Alliance, François Léotard l'ayant précédé un an auparavant dans une réunion informelle. Jamais encore la France n'avait été l'hôte de ce type de rencontre.
Désaccord sur l'Irak
Dans une Alliance qui n'est plus exclusivement conçue comme une riposte à une éventuelle agression de l'Est, mais qui intervient hors de ses frontières et mise sur une force de réaction rapide, "il y a de moins en moins de choses qui nous séparent de l'Alliance, et nous avons nous aussi des officiers un peu partout dans les état-majors de l'Otan", ajoute un haut responsable du ministère de la Défense.
L'Irak constitue cependant un point de divergence, la France refusant de participer à la formation de forces de sécurité en Irak comme le souhaite l'Alliance. "Mais l'essentiel est que nous ayons un modus vivendi qui marche", juge M. Appathuraï.
La réunion intervient aussi, selon Paris, dans une "phase de rapprochement transatlantique", marquée par la visite cette semaine de la nouvelle secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et la rencontre des présidents français Jacques Chirac et américain George W. Bush, le 22 février à Bruxelles.
Alors la France a mis les petits plats dans les grands pour la réunion de Nice : plusieurs centaines de militaires ont été mobilisés pour la communication, un millier assurera la protection de la région dont l'espace aérien sera interdit tandis qu'une frégate anti-aérienne et un bâtiment de plongeurs patrouilleront au large de cette ville située sur le bord de la Méditerranée.
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