Les porteurs du corps ont eu beaucoup de mal à progresser dans la foule.La dépouille de Rafic Hariri a été mise en terre, au coeur de Beyrouth, ce mercredi à la mi-journée, au milieu d'une foule immense et survoltée. L'inhumation de l'ancien Premier ministre libanais, victime d'un attentat lundi, a eu lieu sur la place des Martyrs, près de la mosquée Mohammad Al Amine, Au même moment, les églises sonnaient le glas et les muezzins des mosquées récitaient la prière des morts.
Une foule considérable, évaluée à plusieurs centaines de milliers de personnes, était rassemblée sur la place et dans les rues voisines, noires de monde. Le cercueil de Rafic Hariri, porté à bout de bras, avait quitté son domicile en début de matinée pour être transporté vers la mosquée. La ferveur populaire était telle que le cortège a eu du mal à progresser dans les rues et que le cercueil a même été ouvert.
"La Syrie dehors"
Si l'on pouvait lire "Beyrouth pleure le président martyr" sur des banderoles ornées de noir, de nombreux slogans hostiles à la Syrie ont fusé : "La Syrie dehors !", "Disons la vérité, la Syrie on n'en veut pas !". Les obsèques de Rafic Hariri seront "populaires" et non officielles, avaient averti la famille et les proches du défunt, désavouant ainsi le gouvernement libanais pro-syrien qui avait annoncé des "funérailles nationales".
Et, si l'opposition a conseillé au président libanais Emile Lahoud de ne pas se montrer, les cérémonies n'en rassembleront pas moins quelques personnalités politiques importantes. Au premier chef desquelles, le président français Jacques Chirac qui l'a annoncé ce matin en Conseil des ministres. "L'assassinat de Rafic Hariri, homme de paix et de dialogue, un démocrate, nous rappelle hélas des méthodes crimininelles d'un autre temps que la France condamne au nom du respect de la démocratie, de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité du Liban", a dit le chef de l'Etat lors du Conseil. Autres personnalités présentes : le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns, qui a demandé le retrait syrien du Liban.
Damas ouvert à une enquête
De son côté, l'ambassadrice de Syrie en France, Siba Nasser, a rejeté mercredi sur Europe 1 toute implication de Damas dans l'assassinat. "Nous n'avons pas peur d'une enquête internationale, la Syrie n'a rien à voir" avec l'assassinat de Rafic Hariri, a-t-elle déclaré. "Si le gouvernement libanais accepte (cette enquête) nous l'accepterons", a-t-elle ajouté, précisant que les autorités libanaises pourraient accepter la présence d'"experts internationaux". Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné mardi l'attentat "terroriste".
(Image : le cercueil de Rafic Hariri, porté par ses partisans)
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