Portraits de la journaliste de Libération et de son chauffeur suspendus sur la façade de l'opéra de Montpellier © LCICliquez ici pour soutenir Florence Aubenas et Hussein Hanoun
Des portraits pour ne pas oublier. Un mois après la disparition de Florence Aubenas et de son assistant irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, plusieurs manifestations symboliques sont venues samedi réclamer une nouvelle fois leur libération, et rappeler que la liberté de la presse est un droit fragile. Une centaine de personnes se sont ainsi rassemblées à Montpellier (photo), à l'initiative du club de la presse de la ville. Les manifestants ont accroché sur la façade de l'opéra les portraits de la journaliste et de son guide. Parmi les personnes présentes, figuraient François Sergent, le chef de service de Florence Aubenas à Libération ainsi que le représentant local de Reporters sans frontières (RSF) Christian Tua. "Il faut absolument continuer à aller en Irak pour une parole libre", a déclaré ce dernier.
Une affiche avec ces deux mêmes portraits, et sur laquelle on pouvait lire : "La presse est fille de liberté", "Libérez les otages", a aussi été installée samedi matin sur la façade de l'hôtel de ville de Strasbourg. Le maire de Strasbourg Fabienne Keller (UMP) et le président de la Communauté urbaine de Strasbourg Robert Grossmann (UMP) ont affirmé "leur solidarité à Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi au nom de l'ensemble des Strasbourgeois".
Vendredi, à la veille de ce triste anniversaire, les députés avaient déjà appelé, toutes tendances politiques confondues, à la libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun Al-Saadi, exprimant leur "très vive inquiétude" quant à leur sort.
"Garder l'espoir"
Alors que les nouvelles manquent toujours aussi cruellement, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier "garde l'espoir". C'est ce qu'il a déclaré vendredi en recevant des représentants de Libération au quai d'Orsay. Le ministre, cité samedi par le journal, a tenu par ailleurs à souligner que "nous nous trouvons dans une situation très sensiblement différente du cas de Christian Chesnot et Georges Malbrunot". Selon lui, "les circonstances, les raisons de ces disparitions ne sont pas comparables".
Pour Libération, "le choix, prudent, des mots n'en confirme pas moins ce qui était déjà implicite dans la déclaration du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devant l'Assemblée nationale le 1er février : Florence et Hussein sont vivants". Comme son ministre des Affaires étrangères, Jean-Pierre Raffarin avait déjà noté devant les députés que la journaliste et son guide se trouvaient "dans une situation très sensiblement différente" de celle des deux ex-otages français en Irak, libérés à Bagdad le 21 décembre, après 124 jours de captivité.
Libération estime également qu'"on peut penser que les autorités françaises disposent, pour faire cette évaluation, d'indices ou d'évaluations qu'elles ne veulent pas rendre publics", tout en notant que "l'hypothèse d'un rapt crapuleux, aux fins d'obtenir une rançon, paraît à ce jour la plus vraisemblable". Reporters sans frontières (RSF) estime pour sa part qu'il faut "garder espoir" et qu'"aucune hypothèse ne peut être exclue".
Photo d'ouverture : les portraits des deux disparus affichés à Montpellier - DR
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