Manifestation meurtrière à Lomé

le 12 février 2005 à 13h04 , mis à jour le 12 février 2005 à 21h32

Malgré l'interdiction officielle de toute manifestation, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans la capitale togolaise pour dénoncer le "coup d'Etat" après la prise de pouvoir de Faure Gnassingbé. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont fait trois morts, selon le gouvernement.

[Expiré] [Expiré] manifestation_opposition_lome © AFP - PIUS UTOM EKPEI

Depuis lundi, le gouvernement togolais a interdit toute manifestation pour une durée de deux mois, période du "deuil national" décrété après la mort du président Gnassingbé Eyadéma. Les autorités ont, depuis lors, renouvelé leurs mises en garde contre les éventuels "fauteurs de trouble", prévenant d'une "réaction énergique" des forces de l'ordre. Malgré cet appel, et malgré une première manifestation réprimée la veille, plus de 3.000 personnes ont défilé samedi à Lomé pour dénoncer le "coup d'Etat" du président investi Faure Gnassingbé, fils du président défunt. Une manifestation qui, selon le ministre de l'Intérieur togolais, s'est soldée par trois morts.

"Un groupe de gendarmes était encerclé par des manifestants au niveau (du quartier) de Bé-Kpota, ils allaient être lynchés par la population. Pour se dégager, ils ont fait des tirs de sommation qui ont malheureusement atteint deux personnes, trois manifestants qui sont morts", a-t-il expliqué. "Deux gendarmes ont été grièvement blessés, ils ont été transférés au CHU de Lomé. Ce sont les seuls détails que nous avons pour le moment", a ajouté le ministre.

"38 ans d'Eyadéma, ça suffit !"

Les manifestants, qui avaient répondu à l'appel de six partis d'opposition pour protester contre "le coup d'Etat" de Faure Gnassingbé, étaient très virulents. Ils avaient érigé samedi matin plusieurs barricades dans la capitale togolaise, d'où ils faisaient face aux forces de l'ordre. "Le Togo n'est pas un Royaume!", "38 ans d'Eyadéma, ça suffit !", scandaient les oppsants, qui s'en prenaient aussi à la France, notamment à Jacques Chirac qui, selon eux, était "complice" du général Eyadéma et "soutient" aujourd'hui son fils Faure Gnassingbé.

Les six partis d'opposition traditionnelle, dont le Comité d'action pour le renouveau (CAR de Yawovi Agboyibo) et l'Union des forces de changement (UFC, de Gilchrist Olympio, un dirigeant en exil) avaient appelé à une "marche pacifique" qui devait se terminer par un meeting au centre ville. Mais le plus important rassemblement de l'opposition depuis l'investiture le 7 février de Faure Gnassingbé, a vite dégénéré dans la zone de Bé-Kpota, quartier populaire et fief traditionnel de l'opposition. Les manifestants ont également incendié une usine sur la route de l'aéroport. Faure Gnassingbé a condamné "énergiquement" dans l'après-midi ce rassemblement de l'opposition.

Manifestants de l'opposition jetant des pierres contre les forces de l'ordre, samedi à Lomé - AFP - PIUS UTOM EKPEI

le 12 février 2005 à 13:04
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience