Les néo-nazis commémorent Dresde

le 13 février 2005 à 20h30 , mis à jour le 13 février 2005 à 22h38

Les cérémonies organisées dimanche à Dresde en souvenir des bombardements alliés de février 1945 ont été ternies par un défilé de plusieurs milliers de néo-nazis. Depuis septembre, l'extrême-droite allemande siège au parlement régional, dans cette même ville, et accuse les Alliés d'avoir commis un "Holocauste par les bombes".

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L'une des plus grandes manifestations de l'extrême droite allemande de l'après-guerre : 5.000 militants venus à Dresde à l'occasion des commémorations des bombardements alliés. Les néo-nazis ont convergé dimanche de toute l'Allemagne, mais surtout de l'ancienne RDA, là où les extrémistes de droite sont le mieux implantés, et de Bavière. Certains représentaient une "confrérie d'Alsace-Lorraine". "Nous n'oublions pas. Nous ne pardonnons pas", était écrit sur les milliers de ballons noirs des manifestants.

Le spectre de l'extrême droite a ainsi plané dimanche sur les commémorations pacifiques et citoyennes des bombardements de février 1945, symbole absolu de la souffrance civile allemande pendant la guerre. La ville n'a jamais semblé autant divisée et menacée que lorsque le cortège néo-nazi a franchi dans l'après-midi le pont en pierre de la vieille ville, dans une nuée de drapeaux noirs et sur l'air de la Walkyrie de Richard Wagner, pour se retrouver face à face avec plusieurs milliers de contre-manifestants qui scandaient "Nazis dehors!". Les bataillons de policiers n'ont pu garder le contrôle de la situation qu'en chargeant à plusieurs reprises les manifestants de gauche alors que les 5.000 néo-nazis avaient visiblement reçu consigne de ne pas provoquer.

"Cette ville en a assez des nazis"

Tout au long de la journée, chacun à sa manière, démocrates ou extrémistes de droite ont commémoré les bombardements alliés sur Dresde, qui avaient débuté dans la nuit du 13 au 14 février : les mouvements citoyens et les partis traditionnels dans le recueillement, les néo-nazis à grand renfort de discours incantatoires et de formules nationalistes. De nombreux militants néo-nazis portaient des drapeaux rouge, blanc et noir, leur signe de ralliement. Un fanion représentait le visage d'un soldat nazi avec écrit en gothique: "C'étaient les meilleurs soldats du monde". La manifestation était parrainée par le Parti national-démocratique (NPD), qui a réalisé en septembre le score historique de 9,2% aux élections régionales de Saxe, profitant du taux de chômage élevé dans la région. Avec ses 12 députés, le parti use de la tribune du parlement régional pour contester la responsabilité des Allemands dans la guerre, accusant les Alliés, d'avoir, le 13 février, commis un "Holocauste par les bombes".

Dans le centre-ville ont convergé dans la soirée, une rose blanche apparente au revers d'un veston ou d'un manteau, avec le président de la chambre des députés allemands, Wolfgang Thierse, tous ceux - 50.000 personnes dans toute la ville, selon la police - qui refusent de voir cette page douloureuse de l'histoire allemande récupérée par l'extrême droite. Sur la Place du marché, un collectif d'associations avait disposé des centaines de cierges rouges pour former, sur plusieurs mètres, la phrase "Cette ville en a assez des nazis".

Photo d'ouverture : des manifestants d'extrême-droite, dimanche à Dresde - DR

le 13 février 2005 à 20:30
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