© INTERNEAbou Ghraïb, suite ? Depuis la révélation du scandale des tortures commises dans cette prison par les soldats américains sur des Irakiens, l'armée américaine est bien embarrassée. Les actions entreprises contre ses services se font de plus en plus pressantes. Une récente décision de justice rendue en faveur de la principale organisation de défense des libertés individuelles aux Etats-Unis, l'American Civil Liberties Union (ACLU), a permis la délivrance de documents de l'Armée de terre révélant l'existence de nouveaux cas présumés d'agressions contre des prisonniers en Irak, de même qu'en Afghanistan. Mais ces enquêtes, menées notamment sur des passages à tabac ou des simulacres d'exécution, n'ont pas toutes abouties, faute de preuves.
Le cas d'un prisonnier détenu à Tikrit, dans le nord de l'Irak, apparaît comme le plus sérieux. Des Américains habillés en civil lui auraient déboîté les épaules, marché sur le visage, frappé ses jambes avec l'aide d'une batte de base-ball, placé un revolver à vide dans sa bouche et appuyé sur la gâchette et étranglé régulièrement avec une corde pendant plusieurs jours d'interrogatoires. Il aurait été par la suite contraint de signer un document revenant sur ses déclarations de mauvais traitements, contre la promesse d'une libération. L'enquête, menée notamment durant l'été 2004, indique qu'un examen médical sur l'individu a mis en évidence des cicatrices sur sa jambe gauche.
Les soldats mis en cause ont nié en bloc les accusations et l'enquête a été conclue en leur faveur, n'ayant pas réussi à "prouver ou démentir les violences et mauvais traitements rapportés initialement". Elle souligne également que "les propos de M. X comportent des incohérences et que trop peu de témoins ou d'éléments du dossier médical ne corroborent ses dires".
Le CD de photos n'a pas suffi
Une autre enquête a été lancée après la découverte d'un CD en Afghanistan en juillet 2004, contenant des photos de soldats pointant leurs armes sur le visage ou dans le dos de prisonniers cagoulés sur la base de Fire Base Tycze à Dae Rahwood. Un soldat a été accusé d'avoir frappé un détenu derrière la tête et huit autres d' "abandon de poste". Mais "l'enquête n'est pas parvenue à établir une intention de la part de ces individus de blesser les détenus, ni que les détenus attachés aient craint de mourir, d'être sérieusement blessés ou même s'ils savaient que des armes étaient pointées sur eux", indique le rapport.
D'autres documents citent des psychologues militaires, disant avoir été témoins d'agressions aveugles contre des civils lors de raids menés en mai 2004 dans les villages de Gurjay ou Sukhagen. Mais de nouveau, l'enquête n'aboutit pas sous le prétexte que les victimes et villageois n'ont pas pu être interviewés.
Deux soldats accusés
En revanche, deux soldats ont été accusés d'agression près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, fin 2003 après avoir "photographié, maltraité, frappé et donné des coups de pied" à un Irakien qu'ils ont arrêté à un barrage de contrôle et qui était accusé d'avoir violé une femme irakienne.
(Photo : archives)
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