UE : plaidoyer franco-espagnol pour le Oui

le 11 février 2005 à 20h53 , mis à jour le 12 février 2005 à 15h25

Jacques Chirac et José Luis Rodriguez Zapatero ont animé vendredi soir à Barcelone une manifestation citoyennne en faveur du "Oui" à la Constitution européenne. Le chef de l'Etat français a appelé l'Espagne à "un oui massif" au référendum du 20 février.

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Barcelone attendait un quatuor européen vendredi soir pour prôner le oui à la constitution de l'UE, mais pour cause de grippe, l'Italien Silvio Berlusconi et l'Allemand Gerhard Schröder ont décliné l'invitation. L'Espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero et le Français Jacques Chirac se sont donc retrouvés en duo pour un "acte civique" d'un style inédit.

S'exprimant depuis la scène du Palais des Congrès de la capitale catalane, Jacques Chirac a vu dans Barcelone un "symbole de l'Europe confiante dans son avenir" et a souhaité que les Espagnols "montrent la voie de façon éclatante" en disant à la Constitution européenne "un oui massif", un "oui qui ne chipote pas" lors du référendum du 20 février prochain. Les Espagnols seront en effet les premiers européens à se prononcer sur la ratification de ce texte. Pour Chirac, alors que la France votera "avant l'été" par référendum, ce texte "donnera à l'Union européenne des règles meilleures pour fonctionner de manière efficace".

"L'union des Européens fera leur force"

"Les Européens seront plus efficaces grâce à des institutions modernisées et renforcées" qui "permettront à l'Europe d'assumer mieux ses responsabilités", a-t-il dit. "C'est l'union des Européens qui fera leur force. Sans l'union, ils disparaîtront" dans un monde multipolaire ouvert à la mondialisation, a-t-il fait valoir. Jacques Chirac a également souligné que la Constitution renforcerait les moyens de l'UE dans des domaines essentiels comme la justice, la défense et la sécurité. Certains chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne souhaitaient "une amélioration du modèle social européen", d'autres étaient "plus attachés à un modèle libéral". Mais au total, même si "j'ai tendance à penser qu'on aurait pu être un peu plus ambitieux", c'est "un compromis satisfaisant", a fait valoir Jacques Chirac soutenus par les vifs applaudissements de l'assemblée.

Pour Jose Luis Rodriguez Zapatero, le oui est un "geste d'espérance". La constitution, a-t-il dit, "nous donne une identité commune". Le traité constitutionnel "est la reconnaissance des succès auxquels nous sommes parvenus, et un geste d'espoir", a-t-il dit. "Personne ne peut mettre en doute que dans l'Union européenne, nous vivions  mieux", a poursuivi Zapatero. Relevant que le rendez-vous de Barcelone réunissait un socialiste et un leader de centre droit, il a lancé : "nous défendons avec la même force le oui à la constitution européenne". "Cela, c'est l'Europe, l'unité, par-delà les peuples et les territoires". A neuf jours du scrutin, le oui semble assuré en Espagne où le non est à moins de 10% d'intentions de vote. Mais la participation (elle avait été de 45% aux dernières élections européennes), sera un indice important de l"'envie d'Europe". En France, ce référendum programmé avant l'été s'annonce plus périlleux, les partis étant divisés.

Les interventions des deux leaders étaient suivies par plusieurs centaines de personnes invitées par le parti socialiste catalan, puisque Zapatero intervenait comme que secrétaire général du PSOE, les règles espagnoles lui interdisant de le faire au nom du gouvernement.

le 11 février 2005 à 20:53
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