"Que toute la lumière soit faite"

Par D.S. (avec AFP), le 16 février 2005 à 15h50 , mis à jour le 16 février 2005 à 21h37

Jacques Chirac a marqué de sa présence les obsèques de Rafic Hariri, assassiné lundi. Il a plaidé en faveur de l'indépendance du Liban, tout comme Washington qui a exigé le retrait de la Syrie. Des centaines de milliers de Libanais ont participé aux funérailles à Beyrouth.

chirac obseques hariri © DR

Les funérailles de l'ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri, mercredi ont été marquée par la présence de Jacques Chirac, venu pour une "visite privée" selon Paris. Arrivé à Beyrouth peu après l'enterrement de l'ancien leader au milieu d'une foule de plusieurs centaines de milliers de Libanais, le président français a réclamé que "toute la lumière soit faite" sur l'assassinat lundi de l'ancien Premier ministre, qui, selon lui, "était porteur d'un idéal de démocratie et de liberté pour le Liban, d'un idéal de souveraineté et d'indépendance pour ce pays".

Dépêché à Beyrouth par Washington, le secrétaire d'Etat adjoint américain pour le Proche-Orient, William Burns, a lui aussi plaidé en faveur de l'indépendance du Liban et explicitement réclamé "le retrait imédiat et complet" de la Syrie. "La mort de Rafic Hariri devrait renforcer l'élan pour un Liban libre, indépendant et souverain. Cela veut dire une application immédiate de la  résolution 1559 du Conseil de sécurité et donc un retrait immédiat et complet syrien du Liban", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Mahmoud Hammoud.

"La Syrie dehors !"

A la suite de Jacques Chirac puis de l'ONU, l'Américain a réclamé une enquête impartiale et crédible sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais. Dans un premier temps, le gouvernement libanais pro-syrien avait rejeté cette perspective, tout en acceptant "l'assistance d'experts de pays neutres" pour éclaircir le meurtre. Mais, mercredi matin, l'ambassadrice de Syrie en France, a assuré que Damas n'avait "pas peur d'une enquête internationale : la Syrie n'a rien à voir" avec cet assassinat. "Si le gouvernement libanais accepte (cette enquête) nous l'accepterons", a-t-elle ajouté.

Le pouvoir libanais, et à travers lui Damas, sont suspectés par beaucoup, à commencer par l'opposition libanaise, d'avoir fomenté l'attentat contre Rafic Hariri. La famille et les proches du défunt avaient eux-mêmes désavoué le gouvernement en refusant les funérailles nationales et en prônant des obsèques "populaires". Elles n'auront pas seulement été populaires mais aussi éminemment politiques. Mercredi, tout au long des cérémonies, des slogans antisyriens ont fusé de la foule : "La Syrie dehors !", "Disons la  vérité, la Syrie on n'en veut pas !".

(Image : La veuve de Rafic Hariri et Jacques Chirac mercredi lors des obsèques)

Par D.S. (avec AFP) le 16 février 2005 à 15:50
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