
George W. Bush et ses homologues européens ont scellé mardi soir à Bruxelles par un accord sur l'Irak une réconciliation transatlantique sur laquelle pèse encore néanmoins l'inquiétude américaine sur le projet de levée de l'embargo de l'UE sur les livraisons d'armes à la Chine.
- Accord sur l'Irak
"Les Etats-Unis et l'Europe marchent main dans la main en ce qui concerne leur soutien au peuple irakien", a déclaré le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président en exercice de l'UE. "Si le gouvernement irakien devait en faire la demande, les Etats-Unis et l'Union européenne sont prêts à accueillir conjointement une conférence internationale (...) pour coordonner le soutien international à l'Irak", a-t-il ajouté. "J'apprécie la nouvelle suggestion", a acquiescé M. Bush, saluant aussi l'engagement de l'UE à former plus de 700 magistrats, policiers et cadres pénitentiaires irakiens.
Le président américain a de nouveau beaucoup martelé mardi sa volonté d'enterrer les divisions passées liées à la guerre en Irak. "Nous avons libéré l'Irak et cette décision a été prise, c'est fini et il est temps maintenant de nous unir pour la cause de la paix", a-t-il insisté lors de son premier sommet avec ses homologues de l'Otan.
"Le monde dans lequel nous vivons est un. Personne ne peut en résoudre seul les problèmes. L'Europe a besoin des Etats-Unis tout comme les Etats-Unis ont besoin de l'Europe", a renchéri Jacques Chirac. "L'Europe peut être pour vous un vrai partenaire politique", a-t-il déclaré au président américain.
- Efforts pour la paix au Proche-Orient
Dans cet esprit, l'UE a confirmé sa volonté d'oeuvrer avec la Maison Blanche au règlement du conflit israélo-palestinien que G.W. Bush avait décrit la veille comme un "but immédiat" qu'il partage avec eux.
Jean-Claude Juncker a souligné "l'importance cruciale" d'assurer la mise en oeuvre de la Feuille de route. Le Premier ministre britannique Tony Blair a affirmé voir "toutes les possibilités maintenant" pour parvenir à la paix.
- Différend sur la Chine
Mais une ombre sérieuse continue toutefois d'obstruer le ciel transatlantique: le projet de l'UE de lever son embargo sur les livraisons d'armes à la Chine, décrété en 1989 après la répression de la place Tiananmen. "Il y a dans notre pays une profonde préoccupation à l'idée qu'un transfert d'armes constituerait un transfert de technologie à la Chine qui changerait l'équilibre des relations entre la Chine et Taïwan", a souligné George W. Bush, sceptique à l'égard des promesses européennes d'en tenir compte.
Principal avocat de la fin de l'embargo, Jacques Chirac a réaffirmé qu'il "ne se justifie plus", mais qu'il devait être levé "dans des conditions que l'Europe et les Etats-Unis devront définir ensemble".
- Attaque préventive en Iran ? "Ridicule"
Le président américain a balayé les spéculations sur des préparatifs d'attaque de l'Iran par les Etats-Unis, mais il a réaffirmé n'exclure aucun scénario si Téhéran ne renonce pas à ses ambitions nucléaires. "L'idée que les Etats-Unis se préparent à attaquer l'Iran est simplement ridicule. Ayant dit cela, toutes les options sont sur la table", a-t-il déclaré.
- Rencontre avec Shröder
Le président Bush a bouclé son séjour bruxellois par un dîner mardi soir avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso et le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE Javier Solana.
Il poursuivra mercredi sa tournée européenne par une rencontre en Allemagne avec le chancelier Gerhard Schröder, avant de retrouver à Bratislava jeudi le président russe Vladimir Poutine auquel il entend rappeler les principes démocratiques.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




