Rice souffle le chaud et le froid

Par F.A., le 09 février 2005 à 18h36 , mis à jour le 09 février 2005 à 18h46

Au lendemain de sa visite à Paris, Condoleeza Rice, de passage à Bruxelles, a vivement critiqué l'UE sur son attitude envers le programme nucléaire iranien. Avant de minimiser ses propos quelques heures plus tard.

rice discours bruxelles

Mardi, Condoleeza Rice, lors de son discours à Paris, plaidait pour un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Europe. Les observateurs et les diplomates, tout en se montrant optimistes, se voulaient néanmoins prudents. La journée de mercredi leur a donné raison.

Après un passage au Conservatoire de Paris dans la matinée, la secrétaire d'Etat américain est partie pour Bruxelles pour des rencontres avec les responsables de l'OTAN puis de l'Union européenne. Alors qu'elle arrivait dans la capitale belge, la chaîne Fox News diffusait des extraits d'une interview que "Condi" venait de lui accorder. Au menu : l'Iran et son programme nucléaire. Et là, la chef de la diplomatie de George W. Bush se montrait très vindicative contre l'UE : "les Iraniens ont besoin d'entendre que s'ils ne peuvent pas supporter des mesures de vérification, alors le renvoi devant le Conseil de sécurité poindra" lançait-elle. Je ne crois pas que quiconque ait dit cela aussi clairement qu'il aurait dû le faire aux Iraniens" ajoutait-elle, dans une allusion implicite au trio Allemagne-France-Royaume Uni qui négocie actuellement avec Téhéran à Genève.

"Pas de date limite"

Dans un premier temps, ces critiques ont fait l'effet d'une douche froide. Condoleeza Rice a ensuite apaisé ses propos lors de la conférence de presse au siège de l'OTAN qui suivait sa rencontre avec ses homologues. "Je pense qu'une solution diplomatique est à notre portée si nous parvenons à un objectif commun, à une unité dans le message adressé aux Iraniens et si les Iraniens comprennent que la communauté internationale attend d'eux qu'ils se montrent à la hauteur de leurs obligations" a-t-elle souligné, ajoutant que les Etats-Unis n'avaient fixé aucune "date limite ou calendrier" pour les négociations.

Pourquoi un tel revirement de situation ? "Les Américains prennent les devants et font une sorte de déclaration préventive pour déstabiliser les Européens et les placer sur la défensive" explique Dominique Moïsi, de l'Institut français des relations internationales :  "l'Iran est le sujet qui va fâcher le plus dans les mois qui viennent".

Par F.A. le 09 février 2005 à 18:36
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