
Intense activité diplomatique au Proche-Orient, à la veille d'un sommet de Charm el-Cheikh qui suscite les espoirs de reprise des discussions de paix entre Israéliens et Palestiniens. Condoleezza Rice, en visite dans la région, a rencontré successivement les deux principaux protagonistes du prochain sommet : Ariel Sharon dimanche, à Jérusalem, et Mahmoud Abbas lundi, à Ramallah. A quelques heures du rendez-vous crucial, la diplomatie française n'est pas en reste, puisque Michel Barnier est lui-même dans la région pour y rencontrer les principaux responsables israéliens et palestiniens.
Encouragements de rigueur : "Je quitte la région avec la conviction que le sommet entre le président Abbas et le Premier ministre Sharon sera un succès", a déclaré Condoleezza Rice à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, avant de poursuivre sa tournée vers Rome, puis Paris, où elle retrouvera mardi soir Michel Barnier. Elle a annoncé par la même occasion que le Premier ministre israélien et le président de l'Autorité palestinienne ont accepté une invitation à se rendre à la Maison blanche au printemps, marquant ainsi l'implication retrouvée de la politique américaine dans les discussions de paix au Proche-Orient.
Un projet de "coordinateur spécial"
Avant cela, Condoleezza Rice avait fait le déplacement à la Mouqataa, le quartier général de l'Autorité palestinienne à Ramallah. "La secrétaire d'Etat Rice est venue exprimer son soutien à ce que nous faisons", a commenté le ministre palestinien des Affaires étrangères Nabil Chaath. "Elle m'a dit qu'elle voulait que le processus de paix passe à la vitesse supérieure et qu'elle souhaitait un retour à la Feuille de route". Au cours d'une entrevue très médiatisée, elle a encouragé Mahmoud Abbas à "en faire plus" pour la paix. Elle a également évoqué la nomination d'un coordinateur spécial pour aider les Palestiniens dans le domaine de la sécurité. Son nom est déjà connu : il s'agira du général américain William Ward, ex-chef de la Force de stabilisation de l'Otan en Bosnie. Il sera chargé de "l'entraînement, de l'équipement et de l'assistance aux forces de sécurité palestiniennes", selon Condoleezza Rice. Il devrait se rendre "dans les prochaines semaines dans la région pour une première évaluation".
Autre annonce, dans le domaine économique cette fois : les Etats-Unis devraient débloquer dans les trois mois 40 millions de dollars pour aider les Palestiniens à créer des emplois et pour attirer les investissements. Un premier acompte sur les 350 millions de dollars déjà promis par George W. Bush.
La rencontre entre la secrétaire d'Etat américaine, qui ne tarit pas d'éloges sur Abbas, et le président de l'Autorité palestinienne, était la première d'un responsable américain de ce rang depuis la visite en avril 2002 de Colin Powell à Ramallah. Mais le prédécesseur de Condoleezza Rice avait alors tenté en vain de mettre un terme aux violences entre Israéliens et Palestiniens... Aujourd'hui, le froid des relations entre l'administration américaine et les responsables palestiniens semble oublié. L'ombre d'Arafat ne pèse plus sur les discussions. Lundi, en fin de matinée, sur le chemin de la Mouqataa, le convoi de Condoleezza Rice est passé sans s'arrêter devant la tombe du raïs, décédé le 11 novembre.
Photo d'ouverture : image de la rencontre entre Condoleezza Rice et Mahmoud Abbas - DR
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