
- Chirac aux obsèques ?
Le Conseil des ministres a été avancé mercredi à 8h, a annoncé mardi l'Elysée sans donner d'indication sur les raisons de ce changement d'horaire. Il pourrait cependant permettre au président Jacques Chirac de se rendre à Beyrouth le jour des funérailles de Rafic Hariri. Le chef de l'Etat, qui était très proche de M. Hariri, pourrait toutefois ne pas être à temps dans la capitale libanaise pour assister aux "obsèques populaires" qui doivent avoir lieu dans la matinée.
- Déclaration de l'ONU
Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné l'attentat "terroriste" qui a coûté la vie lundi à l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et a exprimé sa préoccupation quant à "la poursuite de la déstabilisation" au Liban. Dans un communiqué, le Conseil des 15 membres a également rappelé les termes de la résolution de 2004 appelant au retrait de toutes les forces syriennes du Liban.
Avec Washington, Paris est à l'initiative de l'adoption de la résolution 1559, qui exige implicitement le retrait des quelque 14.000 soldats syriens stationnés au Liban et la fin de l'ingérence syrienne dans les affaires intérieures de son voisin.
Le gouvernement libanais a déjà fait savoir qu'il refusait une enquête internationale.
- Joumblatt doit "prendre des précautions"
Kofi Annan et d'autres responsables onusiens ont conseillé au député et chef druze libanais Walid Joumblatt de "prendre des précautions" après l'assassinat lundi de Rafic Hariri, a annoncé mardi son parti.
Selon un communiqué du Parti socialiste progressiste (PSP), Kofi Annan et son émissaire chargé de l'application de la résolution 1559 (stipulant implicitement le retrait militaire syrien du Liban), Terje Roed-Larsen, ont "dénoncé le crime odieux dans un entretien au téléphone et lui ont conseillé de prendre des précautions et de rester sur ses gardes". Le chef du PSP a reçu un appel similaire de Lakhdar Brahimi, conseiller de Kofi Annan, qui avait largement contribué en 1989 à l'élaboration de l'accord interlibanais de Taef qui avait mis fin à la guerre au Liban (1975-1990), ajoute le texte.
Walid Joumblatt a en outre affirmé mardi soir que Rafic Hariri l'avait mis en garde il y a deux semaines contre un possible attentat. "Ou ils t'auront, ou ils m'auront, m'a-t-il dit. Ils l'ont eu", a-t-il ajouté, interrogé par la chaîne satellitaire Al-Arabiya. Il a par ailleurs "conseillé" au président libanais Emile Lahoud de ne pas participer aux obsèques mercredi de Rafik Hariri.
- L'armée en état d'alerte
Dès lundi soir, les patrouilles militaires ont repris dans les rues de Beyrouth, des points de contrôle ont été rétablis. "Le commandement de l'armée a décrété la mobilisation générale de toutes les unités de l'armée, élevé au maximum leur état d'alerte, rappelé les permissionnaires et suspendu tous les congés (...) afin de sauvegarder la stabilité", a expliqué l'armée libanaise.
- Manifestations pro-Hariri et anti-syriennes
Après de premières manifestations lundi, les partisans de Rafic Hariri ont de nouveau défilé mardi à Saïda, la ville natale de l'ancien Premier ministre. Ils ont notamment battu des ouvriers syriens qui passaient par hasard sur les lieux du cortège.
A Tripoli, principale ville sunnite du Liban nord, près de 5.000 personnes se sont également rassemblées avant la prière de l'après-midi à l'appel des députés proches du bloc de Rafic Hariri et ont sillonné les rues de la ville en pleurant "le père du pauvre". "Le gouvernement dehors, le chef du Parlement dehors", ont scandé certains manifestants en ajoutant : "Par notre âme et notre sang, nous te vengerons ô Hariri".
A Beyrouth, pour la seconde journée consécutive, des cortèges de voitures ornées de portraits de Rafic Hariri sillonnaient périodiquement les rues de la capitale et leurs propriétaires scandaient : "Il n'y a de Dieu que Dieu, Hariri est aimé de Dieu".
- Bilan revu à la hausse
Selon l'un des enquêteurs chargés de l'enquête, quinze personnes, dont Rafic Hariri et sept de ses gardes du corps, ont trouvé la mort dans l'attentat de lundi.
Selon le ministre libanais de l'Intérieur, Souleiman Franjié, les premiers éléments de l'enquête confirme la thèse de la voiture piégée, conduite par un kamikaze.
- Obsèques mercredi
Les obsèques de Rafic Hariri doivent se tenir mercredi dans le centre de Beyrouth. Il sera enterré dans la cour de la grande mosquée Mohammad al-Amine.
En attendant, les écoles, magasins, institutions privées et publiques sont restés fermés mardi, début d'une période de deuil officiel de trois jours.
(photo : manifestation des partisans de Rafic Hariri)
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