
- IVG et Holocauste
Dans le chapitre 22 de son dernier livre, intitulé "la démocratie contemporaine", le pape fait un rapprochement entre l'avortement et l'holocauste. "Un Parlement régulièrement élu a porté Hitler au pouvoir dans l'Allemagne des années 30. Ce même Parlement (...) lui a ouvert la route pour la politique d'invasion de l'Europe, pour l'organisation des camps de concentration et pour la mise en oeuvre de la Solution finale, c'est à dire l'élimination de millions de fils et de filles d'Israël", souligne Jean Paul II. En conséquence, poursuit-il, "nous devons nous interroger au début d'un nouveau siècle et d'un nouveau millénaire sur certains choix législatifs décidés dans les parlements des régimes démocratiques actuels. Quand un Parlement autorise l'interruption de la grossesse, consentant la suppression d'une naissance, il commet un grave abus contre un être humain, qui plus est innocent et privé de toute possibilité de se défendre", soutient le pape. "Les parlementaires qui autorisent et promulguent de telles lois doivent être conscients d'outrepasser leurs compétences et de se mettre en conflit ouvert avec la loi de Dieu et la loi de la nature", conclut-il.
Il n’en fallait pas plus pour créer la polémique. En Allemagne, le président du Conseil central des juifs Paul Spiegel, s’est aussitôt insurgé : "l'Eglise catholique n'a pas compris ou ne veut pas comprendre qu'il y a une énorme différence entre un génocide de masse et ce que les femmes font avec leur corps". Le cardinal Ratzinger, qui présentait le livre à la presse mercredi soir, a assuré que Jean Paul II n'a jamais voulu faire un tel rapprochement. "Le pape ne met pas sur le même plan la Shoah et l'avortement, il ne compare pas des faits et des systèmes. Il attire notre attention sur les tentations permanentes de l'humanité, sur la nécessité de faire attention pour ne pas tomber dans les pièges du mal", a-t-il affirmé.
- Le mariage gay, marque du mal
Dans un chapitre consacré au rôle des législateurs, au détour d'allusions aux "pressions" exercées, dit-il, sur le Parlement européen pour les autoriser, le souverain pontife s'en prend aux mariages homosexuels. «Il est légitime et nécessaire de se demander s'il ne s'agit peut-être pas d'une composante d'une nouvelle idéologie du mal, peut-être plus insidieuse et plus secrète, qui tente d'opposer les droits humains à la famille et à l'homme", écrit-il.
- L’attentat de 1981 commandité
Dans son livre, le pape se dit par ailleurs convaincu que l'attentat du 13 mai 1981 au cours duquel il a été grièvement blessé a été commandité. Mais il ne dit pas vers qui se tournent ses soupçons. "Ali Agca, tout le monde le dit, est un tueur professionnel. Ce qui veut dire qu'il n'a pas commis cet attentat de sa propre initiative, mais que quelqu'un d'autre l'a planifié, que quelqu'un l'a commandité", affirme-t-il dans le dernier chapitre. «Je pense que cela a été un des derniers soubresauts des idéologies de la suprématie qui se sont déchaînées au cours du XXème siècle", continue-t-il un peu plus loin.
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