Affaire Calipari : l'Italie hausse le ton

le 08 mars 2005 à 11h58 , mis à jour le 08 mars 2005 à 13h37

Lors d'un discours devant les députés, le ministre italien des Affaires étrangères a expliqué que les versions divergeaient entre Rome et Washington sur les circonstances de la mort de l'agent secret et exigé que les "coupables soient punis".

italie calipari obsèques

La mort de Nicola Calipari, tué vendredi en Irak en protégeant Giuliana Sgrena de tirs américains après sa libération, risque bel et bien d'envenimer les relations italo-américaines. Les explications sur les circonstances de la fusillade divergent et Rome estime "nécessaire d'exiger que toute la lumière soit faite sur les points qui restent obscurs", selon les mots de Gianfranco Fini, le chef de la diplomatie italienne, qui s'exprimait mardi matin devant les députés. "Il faut déterminer les responsabilités et demander et obtenir que les coupables soient punis" a-t-il souligné, excluant toutefois une attaque délibérée.

"La reconstitution de l'événement ne coïncide pas totalement avec celle communiquée par les autorités américaines", expliqué le ministre des Affaires étrangères. "Notre version diverge sur au moins deux points: la vitesse de la voiture et la séquence des tirs qui ont suivi l'arrêt du véhicule".

Quelle vitesse ?

Selon la version américaine de l'incident, la voiture dans laquelle se trouvait l'agent italien avec un collaborateur Giuliana Sgrena voyageait à vitesse élevée et ne s'est pas arrêtée aux sommations des militaires américains. Côté italien, on affirme que le véhicule "ne dépassait pas les 40 km/h et qu'elle était illuminée de l'intérieur pour faciliter les contrôles et permettre de passer des coups de fil".

"Lorsque une lumière forte, comme un projecteur, s'est allumée à une dizaine de mètres de la voiture, celle-ci a ralenti jusqu'à s'arrêter quasiment et les coups de feu sont partis", a dit Gianfranco Fini, démentant indirectement les tirs de sommation devant et au-dessus du véhicule.

Les GI'S étaient-ils prévenus ?

Outre motif de discorde : les GI'S étaient-ils au courant ? Oui, répond Rome, qui souligne que Nicola Calipari avait établi "tous les contacts nécessaires" avec les autorités américaines à Bagdad à son arrivée le jour même dans la capitale irakienne. A l'opposé, des sources américaines, citées mardi par le journal La Reppublica, démentent tout information sur l'opération de libération.

L'intervention de Silvio Berlusconi, prévue mercredi devant le Sénat, sera suivie avec beaucoup d'attention.

(photo : les obsèques de Nicola Calipari)

le 08 mars 2005 à 11:58
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