L'appel à l'aide de Florence Aubenas

le 01 mars 2005 à 10h50 , mis à jour le 01 mars 2005 à 21h59

Dans un enregistrement vidéo non daté, la journaliste de Libération, disparue depuis le 5 janvier, appelle à l'aide. Elle demande notamment l'appui du député UMP Didier Julia, à l'origine d'une polémique lors de l'affaire des précédents otages français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot.

aubenas video 1 mars

"Mon nom est Florence Aubenas. Je suis française. Je suis journaliste et je travaille pour Libération.  Ma santé est très mauvaise. Je suis également très mal au plan psychologique. Aidez-moi, c'est urgent". Dans une vidéo diffusée ce mardi, Florence Aubenas, disparue depuis le 5 janvier dernier avec son interprète Hussein Hanoun, donne pour la première fois signe de vie. Vêtue d'un pull gris et d'un pantalon noir, s'exprimant en anglais, elle apparaît très angoissée. L'enregistrement n'est en revanche pas daté. Aucune revendication ne l'accompagne, le nom du groupe qui détient la journaliste n'est pas précisé. Par ailleurs, aucune mention n'est faite de son guide.

Florence Aubenas lance notamment un appel au député français Didier Julia. "S'il vous plait M. Julia, aidez-moi. C'est urgent, aidez-moi" dit-elle. Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne, avait tenté une médiation parallèle pour obtenir la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les précédents otages français. Son échec avait créé une forte polémique.

"Il y a urgence"

"Chaque heure, chaque jour compte. Il y a urgence", a réagi le Comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun dans un communiqué. Le groupe "exige plus que jamais du gouvernement et des pouvoirs publics qu'ils mettent tout en oeuvre pour (les) faire libérer au plus tôt". Le comité estime par ailleurs que "ce premier signe de vie est essentiel car il succède à 55 jours de silence", et souligne que,  "malgré la brutalité du document, Florence est vivante".

Jean-Pierre Raffarin a pour sa part affirmé que les autorités françaises étaient "très  mobilisées pour obtenir (sa) libération". Il a également confirmé qu'une autre vidéo avait bien été montrée à la famille de Florence Aubenas la semaine dernière et que le "laboratoire expertise ce deuxième document pour savoir s'il est antérieur ou postérieur". Mais dans cette autre cassette, la jeune  femme ne faisait "aucune mention" de Julia...

Les questions autour de cette cassette et le renouveau de la polémique Julia n'ont pas empêché, mardi soir, la soirée de soutien aux otages en Irak organisée à Toulouse d'être placée sous le signe de l'espoir. Elle a réuni environ 1.500 personnes - élus, artistes, présidents d'université, scientifiques, etc... "Mon chagrin est immense et mon espoir est infini", a lancé Jacqueline Aubenas, la mère de Florence.

Jacqueline Aubenas : "J'ai la certitude qu'il faut aller vite"

"J'ai la certitude qu'il faut aller vite, que Florence est fatiguée, physiquement et peut-être psychologiquement", a déclaré mardi la mère de la journaliste de Libération. "Dire qu'elle est forte, c'est vrai mais les forts ont des fragilités", a poursuivi Jacqueline Aubenas, qui a confirmé avoir visionné jeudi dernier une cassette vidéo montrant des images de sa fille, avant celle diffusée mardi. Elle y a vu "une mise en scène volontairement douloureuse", Florence Aubenas étant "certainement assise par terre, les genoux repliés, les mains sur les genoux, avec une djellaba noire qui ne lui appartient pas, un grand pull, devant un drap noir, les cheveux dans les yeux, sans regard, sans sourire, avec une voix mécanique qui lisait un communiqué". Répondant à un journaliste qui lui demandait si elle avait un message à adresser à sa fille, Mme Aubenas a enfin lancé : "Florence, je voudrais qu'on te rende à ta vie".

(photo : une image de la vidéo diffusée ce mardi)

le 01 mars 2005 à 10:50
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