
Le Parlement kirghiz a désigné vendredi Kourmanbek Bakiev, l'un des principaux leaders de l'opposition, président et Premier ministre par intérim. Jeudi, le président Akaïev a quitté le siège du gouvernement à Bichkek avant que le bâtiment ne soit investi par une foule de plusieurs milliers de manifestants exigeant sa démission.
Kourmanbek Bakiev, 55 ans, ancien Premier ministre (de décembre 2000 à mai 2002), est actuellement le chef du Mouvement populaire du Kirghizstan (centre-gauche), alliance récente d'une dizaine de mouvements politiques. Sa couleur est le mauve-rose, arborée par des milliers de ses partisans jeudi à Bichkek. Dans ses premières déclarations au Parlement, M. Bakiev a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de proclamer l'état d'urgence, sans exclure toutefois un couvre-feu. "La composition du nouveau gouvernement sera arrêtée seulement après des consultations préalables avec les commissions du Parlement", a-t-il dit. Enfin, Bakiev a déclaré à la presse que son pays respecterait tous ses engagements internationaux antérieurs. Et n'avait pas l'intention notamment de remettre en cause la présence sur le territoire des bases aériennes russe et américaine.
Akaïev dénonce un coup d'Etat
A l’issue d’une journée de soulèvement populaire, qui s’est soldée par trois morts et le pillage de la ville de Bichkek, la capitale, l'opposition a pris le pouvoir. La Cour suprême kirghize a invalidé jeudi la dernière élection législative. (cf papier Révolution express au Kirghizstan).
De son côté, l'ex-président Akaïev s'est exprimé vendredi pour la première fois depuis le début des troubles. En admettant se trouvant à l'étranger, il a dénoncé "un coup d'Etat et démenti sa démission. Il a aussi assuré que son séjour hors du pays n'était que "temporaire". Selon plusieurs sources, notamment les agences de presse russe, il se trouverait au Kazakhstan voisin.
"Illégitime" selon Poutine |
Le président russe a condamné ce vendredi "la manière illégitime" dont a pris fin la crise au Kirghizstan. Il se dit prêt à accueillir en Russie le président déchu Askar Akaïev, tout en espérant des relations "positives" avec le nouveau pouvoir.
Il a souligné que le développement de la situation au Kirghizstan n'avait "pas surpris" Moscou. "C'est le résultat de la faiblesse du pouvoir et de problèmes socio-économiques qui se sont accumulés. Nous espérons que les leaders de l'opposition prendront la situation sous contrôle le plus vite possible", a conclu le chef du Kremlin.
(photo : Kourmanbek Bakiev, ce vendredi)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




