Brésil : les familles des footballeurs menacées

le 24 mars 2005 à 16h12 , mis à jour le 24 mars 2005 à 16h37

L'enlèvement ces derniers mois des mères de quatre footballeurs brésiliens a créé une psychose au sein de la Seleçao (sélection nationale). Plusieurs internationaux ont décidé de rapatrier leur famille en Europe ou d'embaucher des gardes du corps.

bresil 98 mondial foot sport © INTERNE

Régis Fidélis vit depuis lundi dans l'angoisse. Le milieu de terrain brésilien, qui évolue actuellement au Sporting Lisbonne (1re div. portugaise), est sans nouvelle de sa mère, restée au pays. Inés Fidélis a apparemment été enlevée par trois hommes armés, dans sa maison à San Vicente (état de Sao Paulo). "Je suis en contact avec mes proches au Brésil et j'attends, ainsi que la police, de savoir ce que veulent les ravisseurs", a déclaré le footballeur à la radio portugaise Renascencia. Les demandes de rançon à la suite d’un enlèvement sont légion au Brésil. Mais c’est une véritable psychose qui vient de s’installer au cœur de la Seleçao (sélection nationale). Il s'agit en effet de la quatrième mère de joueur de football enlevée en cinq mois au Brésil, après celle de la maman de Robinho (Santos/1re div. brésilienne), Marina de Souza, le 7 novembre 2004, libérée après 41 jours de captivité et le paiement d'une rançon de 200.000 reales (55.750 euros).

En février, c'était Irma Libanio, la mère de Grafitte (Sao Paulo/1re div.  brésilienne) qui avait été séquestrée, pendant un jour, tandis qu'on est toujours sans nouvelle de la maman de Luis Fabiano (FC Porto/1re div. portugaise), Sandra Helena Clemente, enlevée le 11 mars. "Nous sommes tous terrifiés", a confié le milieu de terrain de Lyon (1re  div. française) Juninho. "Apparemment, il semblerait que (ces enlèvements) soient devenus à la mode. C'est un crime barbare", s'est-il insurgé dans un entretien au quotidien Folha de Sao Paulo, en réclamant un châtiment "exemplaire" pour les ravisseurs.

Gardes du corps  ou exil

Pour contrer toute tentative d'enlèvement, 9 des 22 joueurs convoqués en sélection brésilienne ont choisi d'embaucher des gardes du corps pour leurs proches et amis, à l'image de Roberto Carlos (Real Madrid/1re div. espagnole), exigeant de leurs familles qu'elles restent le plus souvent possible confinées à leurs domiciles. "Malheureusement, c'est la triste réalité dans notre pays, a témoigné le latéral gauche "merengue". Mes parents vivent toujours au Brésil et sont tout le temps accompagnés de gardes du corps". "J'appelle souvent ma mère au téléphone et je lui demande expressément de ne pas sortir dans la rue", a-t-il ajouté dans un entretien à Lance!.

Kaka, l'attaquant du Milan AC (1re div. italienne), a demandé à ses parents et à son frère de le rejoindre en Italie et Ronaldinho (FC Barcelone/1re div.  espagnole) a fait venir presque toute sa famille de Porto Alegre (sud) en Espagne, selon Folha de Sao Paulo.

Photo : équipe brésilienne lors de la coupe du monde 98 (archives)

le 24 mars 2005 à 16:12
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