
"Chaque voyage ici est pour moi un nouveau bonheur", a déclaré Jacques Chirac dès son arrivée, samedi matin, au Japon où il n'était pas revenu depuis cinq ans. Il s'est rendu près d'une cinquantaine de fois dans cet archipel auquel il voue une véritable passion. "J'aime ce pays. J'en aime les habitants, les paysages, l'histoire et la culture. J'en apprécie l'art de vivre, cette exigence de raffinement, ce goût du beau et de l'équilibre qui marquent votre civilisation", a-t-il expliqué lors d'un déjeuner-débat avec des patrons de la région du Kansai dont Osaka est la capitale.
Manifestation de son engouement, il a passé trois heures dans l'après-midi au "tournoi de printemps" d'Osaka, l'un des grands rendez-vous de la saison de sumô. Accompagné de son épouse Bernadette, il a emmené toute sa délégation au grand stade préfectoral d'Osaka. Jacques Chirac est un expert de ce sport difficilement compréhensible pour les étrangers mais qui est le sport japonais par excellence, aux confins de l'art et du divertissement, cultivant ses codes rituels dans une tradition plus que millénaire. A l'issue du tournoi, le président français a aussi eu droit à une ovation debout de la foule qui scandait "Chirac, Chirac". Il devait ensuite dîner avec quelques sumotoris et dirigeants de la Fédération japonaise.
Tradition, rituels et partenariats économiques
Lors de sa première journée, Jacques Chirac a également tenu à mettre l'accent sur l'autre Japon, celui du pionnier des hautes technologies, en visitant une usine près d'Osaka et en invitant les entreprises françaises et japonaises "à favoriser l'émergence de nouveaux partenariats" dans les secteurs d'avenir. "J'ai souhaité lancer devant vous (...) un appel à renforcer encore les liens économiques entre nos deux pays", a-t-il dit devant le patronat local. Alors que la France est le deuxième investisseur étranger au Japon mais seulement son 15ème partenaire commercial, il a invité les entreprises japonaises à "regarder davantage vers la France" et les firmes françaises à "bâtir des partenariats" au Japon afin de tirer le meilleur profit du dynamisme asiatique.
Pour marquer son appui à cette démarche, Jacques Chirac s'est rendu à son arrivée à l'usine Digital Electronics, le leader mondial des écrans tactiles acquis en 2002 par le groupe français Schneider Electric. Jacques Chirac a indiqué qu'il proposerait dimanche au Premier ministre Junichiro Koizumi que la France et le Japon conjuguent leurs forces "afin de développer les technologies dont le monde a besoin pour permettre le développement durable". Mais il a aussi appelé le Japon, lié depuis 50 ans à Boeing, à acquérir des avions géants A-380 du consortium européen Airbus pour développer le tourisme étranger. Dimanche, le président français doit visiter l'Exposition universelle d'Aichi, près de Nagoya, avant de gagner Tokyo pour des entretiens avec M. Koizumi.
Photo : Jacques Chirac assistant, samedi, à un combat de sumô - DR
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