Chirac renoue avec le Japon

le 25 mars 2005 à 16h26 , mis à jour le 25 mars 2005 à 16h46

Le chef de l'Etat retourne au Japon, pays qu'il affectionne, pour la première fois depuis 5 ans. Partenariats dans les nouvelles technologies et dans le domaine industriel seront au menu des discussions. Ombres au tableau : la levée de l'embargo européen sur les vente d'armes à la Chine et le choix du site de construction du réacteur Iter.

chirac voeux etat © INTERNE

Jacques Chirac entame ce samedi une visite officielle de trois jours au Japon, pays avec lequel la France veut multiplier les partenariats dans les technologies d'avenir, les rares nuages des relations franco-japonaises portant sur le réacteur Iter et les ventes d'armes à la Chine. Le chef de l'Etat ne s'était pas rendu depuis la réunion du G8 en 2000 dans ce pays auquel il voue une passion allant de ses arts classiques au sumo. "Je commençais à être impatient de retourner au Japon", a-t-il dit dans une interview au quotidien Asahi Shimbun. "Près de cinq ans sans aller au Japon, c'était pour moi insupportable". Jacques Chirac y a, il est vrai, effectué entre 45 et 50 visites, dont de nombreux déplacements privés.

Le président, accompagné de son épouse Bernadette, arrive samedi à Osaka, la grande ville du Kansai, coeur industriel historique de l'archipel. Il prononcera une allocution à l'occasion d'un déjeuner-débat devant le patronat. Il assistera à un tournoi de sumo et dînera avec les lutteurs. Dimanche, il se rendra en train à Nagoya pour visiter l'exposition universelle d'Aichi consacrée aux défis environnementaux à l'heure de la mondialisation et des nouvelles technologies. Le pavillon français met l'accent sur le développement durable. Cette visite sera l'occasion pour Jacques Chirac de manifester la volonté de la France "de multiplier (avec le Japon) les partenariats pour la recherche de technologies propres", notamment pour permettre aux grands pays émergents de se développer sans aggraver la destruction de la planète, selon l'Elysée. Paris et Tokyo pourraient proposer des mesures en ce sens lors du G8 de Gleneagles, en juillet.

"Levée de l'embargo ne veut pas dire vente d'armes"

La France qui est, selon l'Elysée, le premier investisseur étranger au Japon, souhaite développer son partenariat industriel avec ce pays dont le modèle de développement axé sur l'innovation est regardé avec envie. Le Japon a servi d'exemple à l'Agence d'innovation industrielle qui doit investir des fonds publics et privés dans les secteurs d'avenir. Une douzaine de grands patrons (Saint-Gobain, Total, Schneider Electric, Areva, Veolia Environnement, Arianespace, Thalès, etc) accompagnent le chef de l'Etat.

Ce dernier se rendra ensuite à Tokyo pour un entretien et un dîner de travail avec le Premier ministre Junichiro Koizumi. Réforme de l'ONU, appui de la France à un siège de membre permanent pour le Japon, aide au développement, lutte contre la prolifération nucléaire, Corée du nord, autant de sujets sur lesquels devrait se manifester une parfaite entente. En revanche, la levée de l'embargo européen sur les vente d'armes à la Chine inquiète toujours Tokyo que Jacques Chirac devrait s'employer à rassurer en faisant valoir que levée de l'embargo "ne veut pas dire vente d'armes". Le chef de l'Etat devrait aussi renouveler l'offre de coopération des Européens après leur décision de commencer la construction du réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter à Cadarache d'ici à la fin 2005, un site en concurrence avec Rokkasho-Mura au Japon.

Photo d'ouverture : archives

le 25 mars 2005 à 16:26
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